L’Ennemi dans la Glace : Pray for Paris

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L’Ennemi dans la Glace :

dehors je croise des Etrangers

des ombres qui marchent dans le noir

ce n'est pas d'eux que vient le danger

mais je reconnais chaque soir

mon pire ennemi dans ce miroir

 

Reprendre les paroles d’une très belle chanson d’Alain Chamfort, « L’ennemi dans la Glace », pour répéter qu’en ces temps d’attaques terroristes, d’incertitudes, d’effroi et de stupeur.

 

Nous sommes peut être notre pire ennemi ?

 

Crédit Photo : @DanyMasson : Help  

 

Mardi 17 novembre 2015 

Quoi de plus naturel en somme, que ce matin au réveil, d’apprendre que les matchs de ce mardi sont annulés. Que l’Etat d’urgence est bien mis en place avec un niveau à son maximum ?

Quoi de plus naturel en somme, de rester vivant, de rester vigilant et de se poser des questions légitimes après les deux Assemblées réunies au Congrès à Versailles et le discours du Président Hollande ?

Quoi de plus naturel en somme, de se poser en acteur, et pas simplement en spectateur de ce qui se passe ? De se reposer la question posée ici même, il y a quelques semaines « Et si Poutine avait raison ? » Obama, Poutine, Hollande, se parlent à nouveau. Ne pas tirer de conclusion. Nous n’avons pas de solution magique. Nous avons pas en ce moment toutes les réponses. Car il faut continuer à se poser et à poser des questions constructives, essentielles.

Ne devons nous pas poser la question, non plus, en marge de ces attaques mais aussi de la Manifestation pour le Climat qui aura lieu à Paris, la question de la redistribution des richesses ? Une questions sans réponse exacte ou satisfaisante à ce jour et depuis la nuit des temps.

Comme celle, du pourquoi les jeunes de nos quartiers, de nos écoles, de nos familles, s’en vont ils dans des causes nihilistes ? Pourquoi refusent ils la vie ? Nos Vie ? Pourquoi choisissent ils la mort ?

Et pourquoi ne pas entendre le fait que trop de nos jeunes sont sans espoir, sans travail, sans avenir, sans un droit égalitaire à l’éducation, à la vie en société ?

N’y a t – il pas un besoins de transcendance ?

Il y a un besoin de transcendance chez tout les jeunes dans toutes les époques. Ils ont tout mais ne la savent pas.

Ca ne date pas d’aujourd’hui. Fin des années 80 et début des années 90, déjà, une jeunesse estudiantine disait aux plus âgés de dix ou vingt ans qu’eux.

 

« Ah, vous aviez de la chance, vous avez des idéaux, des certitudes, vous vous battiez pour vos idées. »

 

C’est ce que l’époque Punk entre autre traduira dans des chansons et un mode de vie affiché.

Ils ont tout aujourd’hui. Mais ont – ils ce qu’ils veulent vraiment ? Nous avons tous une raison de vivre. Ou nous sommes à a recherche de cette raison de vivre. Pas de mourir. Dans ce désert affectif et de repaire, la salafistes ont un terrain fertile et fécond pour leurs idéaux nauséabonds et du non à la vie et du oui à la mort. Des autres bien entendu. 

Ne devrions nous pas : Réfléchir, agir politiquement et nommer les choses ?

Le terrorisme est il aveugle ?

Le terrorisme aveugle dit-on. Car les attaques perpétrées à Paris en ce vendredi 13, vendredi noir, visent des civils dans des quartiers Cosmopolites, des gens attablés aux terrasses et dans des restaurants, des amateurs de spectacles, de musique rock, de la vue du théâtre qu’offre la rue colorées et multi ethnique, et de sport. Pendant que Paris était blessé et attaqué, nous commencions à fêter ici la victoire des « Diables », Paris applaudissait « Les Bleus » , nous étions en fête, nous étions dans la vie de tout les jours, avec nos hauts et nos bas, nous étions des gens comme les autres, ni mieux ni plus mauvais, prenant la vie avec ce qu’elle à encore de beau, de rassembleur, de plaisirs populaires dans le bon sens du terme. Culture et Convivialité.

 

Ne sommes nous pas en guerre contre le terrorisme depuis le 11 Septembre 2001 ?

New-York, Tunis, Paris, Charlie, Madrid, Mossoul, Karachi, Moscou, Bombay, mais il y eu Londres et tant d’autres. La liste est longue et à chaque fois des familles innocentes ont perdu quelqu’un, quelqu’une. Le terrorisme est contre tout, contre tous depuis longtemps. Il est chez nous. De plus en plus chez nous.

 

Les indices ne dévoient ils pas bien plus encore la manœuvre en cours ?

Les attaques dans des endroits sensibles de Paris ont perpétrées par des islamistes radicaux français et belges d’origine marocaine pour la plupart. Ils ont été identifiés, pour la plupart, repérés dans une commune de Bruxelles qui semble de plus en plus être une des plaques tournante de ces cellules en veilles, cellules dormantes comme on dit.

Ces attaques inquiètent par leur extrême efficacité et violence. Se sont des combattants formés très certainement en Syrie dans des camps de Daesh et constituent une riposte terroriste à l’engagement de la France dans la guerre en Syrie contre Bachar Al Assad, parce qu’il est un dictateur mais qu’il est aussi l’actuel président syrien et contre l’autoproclamé Etat islamique, Daesh.

C’est aussi au moment des grands mouvements de populations, que certains nomment de migrants, d’autres de réfugiés venus des pays en guerre, Syrie, Irak, Libye et d’autres pays africains, que ces attaques ont lieu.

Et que l’on découvre, rapidement des « Passeports » vrais ou faux, syriens, aux côtés des kamikazes , comme pour dire,

 

« Voilà d’où je viens, mon parcours, et vos frontières perméables, votre bon sens, votre droit de l’hommisme ».

Guerre de Religion, guerre de civilisation ?

Il ne s’agit certainement pas d’une « guerre de religion », il ne s’agit pas de réduire ces actes à de la simple « barbarie ». Il ne s’agit pas non plus de guerre d’une civilisation contre une autre.

But politique : Nous nous trouvons confrontés à des actions terroristes liées à un but politique qui est la conquête du pouvoir dans une région du Monde. Pas n’importe laquelle.

 

Ne faut il pas nommer les choses, affronter les réalités ?

Irak, Syrie et Lybie ont été déstabilisés par des guerres entre Etats, par des guerres civiles, par les intérêts des grandes puissances pour les ressources en matières premières dont le monde à besoin.

C’est aussi la même chose pour l’Afrique sub saharienne. Délaissée à elle même, dans des guerres sans nom, sans humanisme aucun et où la barbarie touche à son paroxysme. Il suffit de se pencher ne fut ce que quelques instants dans ce que se passe dans les Kivu d’après le Génocide rwandais de 1994. Ce qui a été fait, et ce qui n’a pas été fait.

Pour nommer les choses, ne va t-on pas devoir remettre en cause notre vision du Monde , de nos alliés, de notre commerce ?  

La géopolitique ne se nourris pas de sentiments. Elle se fait en fonction d’intérêts qu’ont les Etats à préférer telle Etat, dictatorial ou pas à un moment donné. Des superpuissances qui privilégient les pays et dictatures qui les arrangent mais qui les détruiront selon leurs intérêts.

Les superpuissances interviendront bien entendu sous des vocables ou labels qui se vendent dans les populations : danger nucléaire, armes de destructioin massive, dictature, libération des peuples opprimés…

Quelques mois plus tard, force est de constater que souvent les interventions chirurgicales, mais avec dégâts collatéraux, défendent des intérêts propres aux Super Puissances et qu’elles ne sont certainement pas à servir les intérêts vitaux, démocratiques, pacifiques, sanitaires, éducationnels, économiques des populations, ces populations qui sont les éternelles victimes de ces manœuvres géopolitiques intéressées.

Ce qui engendre d’ailleurs, des incompréhensions, des sentiments de laisser pour comptes, des frustrations. Et un profond sentiment d’injustice parmi ces peuples.

Il suffit par exemple de lire les réseaux sociaux en ce moment, et de voir les réactions en provenance de l’Afrique, pour se rendre compte, que si beaucoup de gens comme vous et moi sont « Français » et « Pray for Paris » , d’autres, nombreux aussi , disent :

« La France, le monde est elle congolaise, centrafricaine, malienne , syrienne, libyenne, … ont ils demandé pardon pour nos morts, nos massacrés, nos femmes violés… ?

N’y a – t – il pas deux poids, deux mesure ?

Quelle éthique européenne et mondiale ?

De nombreux pays africains entre autres, pourront vous dire, que les Coopérations, humanitaires, bilatérales d’Etat à Etat, de reconstruction ou de réhabilitation, d’aide en matière d’éducation, de moyens techniques, militaires, sont CONDITIONNES PAR :

Les Droits de l’Homme,

Le Respect de l’Etat de Droits,  

La Bonne Gouvernance …

De belles théories, de beaux discours sur la démocratie et les valeurs universelles des droits de l’Homme, qui n’empêche pas de développer une politique de coopération particulière, préférentielle, avec des pays qui ne sembles pas être les champions toutes catégories de ces principes :

Qui Israël ? Qui occupe la Palestine ? Quid pour le Maroc colonialise le Sahara Occidental ?

Mais aussi nos autres « Alliés » du moment : L’Arabie Saoudite n’est elle pas une base arrière financière de premier plan pour DAESH et les groupes de la mouvance terroristes ?

Ne devons nous pas revoir nos alliances du moment en fonction, justement de critères objectifs et d’indicateurs objectivement vérifiables de la notoriété ou pas de tel ou tel Etat ?

N’y a t-il pas des exemples positifs ?

Si bien sure. Les Etats démocratiques ne font pas que se tromper ou des erreurs. En Tunisie, pays attaqué sur ses bases économiques quasi unique du tourisme, les populations peuvent compter sur une solidarité active et des politiques de soutiens internationales.

Ces populations peuvent mettre en place et défendre un Etat démocratique avec des valeurs proches de celles que nous défendons adaptés à leurs conditions de vie et leur propre histoire.

C’est alors que la démocratie supplante n’importe quel excès ou fanatisme de certains pouvoirs de religieux ou qui s’affirment comme tels.

La volonté politique est elle déterminante ?

Dès le moment, que les Etats, les nations, l’Europe sait ce qu’ils veulent. Ils savent ce qu’il refusent et ne veulent à aucun prix.

Il y a une urgence à refaire un état des lieux de nos propres volontés. Il faut cette volonté politique, ce courage politique pour déjouer et éradiquer le plus de menace possible et passer à autre chose que des politiques sécuritaires qui alimentent la peur des autres. Ils le savent tellement bien, que les passeports ont syriens sont été laissé en évidence lors des carnages de ce 13 novembre.

 

C’est presqu’une psychanalyse alors ?

Mettre un nom, nommer nos principaux défauts, nos défaillances, nos erreurs, nos Ennemis / Amis, c’est effectivement une mise à plat. Une remise en cause sans être non plus une auto-flagellation.  

Mais qui peut dire aujourd’hui, que ce ne sont pas les conflits causés par nos Etats qui provoquent le drame des réfugiés ?

Ne vous rappelez vous pas de cette morgue affichée, presque juvénile, d’un philosophe sur des barricades dans le désert, face à DAESH, chemise blanche et col amidonné deux trois boutons détachés, cheveux aux vents de l’insolences ?

Le « Philosophe » et les Etats ne devraient ils pas brandir l’étendard de la négociation et des moyens à mettre en œuvre pour mettre fin à de trop nombreux conflits qu’ils mènent par procuration chez les autres, avec d’autres ?

Et de réparer les dommages causés aux populations terrorisées.

 

Préserver l’Accueil, maintenir l’accueil ?

Il n’y a aucune raison de refuser l’accueil aux réfugiés. Nous ne pouvons pas bafouer l’ensemble des droits fondamentaux et en exiger d’autres par ailleurs chez les autres. L’Accueil est une de ces VOLONTE politique dont nous parlions afin de réparer partiellement les dommages causés. Une autre volonté politique est de refuser que les réfugiés soient cantonnés dans des camps aux frontières de plus en plus de pays de l’espace Europe.

 

Nos principes ne peuvent être sauvegardés sans cette volonté politique.

 

Débuter avec Chamfort et terminer avec lui

Nous sommes notre pire ennemi. Les votes de haine, de rejet des autres, le refus de nos valeurs passent par des votes de haines et d’esprits aigris. Par Le Front National et les idées Lepénistes.

 

Notre pire ennemi, c’est notre repli sur nous même.

Notre pire ennemi, c’est de croire que ces terroristes font partie d’une civilisation.

Notre pire ennemi, c’est de croire que nous ne sommes responsable de rien

Notre pire ennemi, ce sont les solutions dites faciles

Notre pire ennemi, serait une vue manichéenne du monde qui nous entoure

 

dehors je croise des Etrangers

des ombres qui marchent dans le noir

ce n'est pas d'eux que vient le danger

mais je reconnais chaque soir

mon pire ennemi dans ce miroir

  Alain Chamfort : mon pire ennemi dans ce miroir

 

 

Belle et Bonne Journée

Belle(s) et Bonne(s) Lecture(s)

Aussi !

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