L'Homme qui voyait à travers les visages : Roman

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EES, L'homme qui voyait à travers les visages, Charleroi

"L'attelage homme - animaux progresse, paisible, synchrone, radieux sous les ciel que nettoie le vent du sud."

Mozart, Molière, Bach, Diderot, Charleroi, Dieu, Charles de  Foucauld, Milarepa, ... Tous sont la. Colette aussi. 

Dans cet ouvrage magnifique d'intelligence, Eric - Emmanuel Schmitt, nous convie chez lui, ou plutôt Augustin. Il se révèle aussi dans sa demeure de Guermanty...  Allez découvrir ce qu'il y a entre ceci et cela, entre une synthèse brève et concise ci - après et la fin du livre.

Allez y, allez y ! 

 

 

Ce n'est pas un Roman, c'est un Banquet de jouissance littéraire, et des mets succulents d'humanité, de questions, de la foi, de la croyance, de la vie, du dialogue, de la philosophie, "Après avoir appris à écrire et calculer on devrait enseigner la philosophie", sagesse. Et cette perle ; 

 

"On peut exterminer les trois quarts de l'humanité, on ne tuera pas le doute" 

 

"Aucun de nous deux ne sait si Dieu existe.....

C'est normal. Ca prouve de notre honnêteté ....

Tu dois garder l'esprit ouvert et  présumer que 

Dieu existe"..... 

(Extrait entre Augustin et la Juge Poitrenot)

Les ingrédients de l'intrigue 

Charleroi au coeur de la tourmente, de l'intrigue. Charleroi, en décor pour un Roman profond. Le  Roman de notre quotidien. De nos peurs, de nos inquiétudes, de nos prises de positions. De nos questions. Pourquoi tout çà. Le Roman de l'actuel actualité. Un Roman qui met en scène Charleroi, sa population, son passé, son présent ... très présent. Les religions et Dieu. 

Augustin, qui se définit être quelqu'un d'insignifiant, au physique ingrat, orphelin, n'ayant jamais connu ses parents. Augustin est employé "non rémunéré" au journal "Demain" à Charleroi.

Charleroi et le  terrorisme qui le frappe en plein coeur de la ville, le fantasme des médias qui n'ont rien à se mettre sous la dent, les pistes évidentes suivies par la Police, les interrogations d'une juge "allumée du cerveau", les usines désaffectées, Eric - Emmanuel Schmitt en personne, une rédaction qui vit en dehors des réalités sauf celles de la Télé - réalité et des ratés, des bas du plafond, , ou fait passés comme tels et  qui peuplent les faits divers traités par eux. 

 

Et Dieu. Et les Hommes. Et les questions, la question.

 "Pourquoi" ? 

Impossible de se retirer de la lecture, on ne lit pas ce Roman, on le dévore.  Au milieu d’une galerie d' « humains sans pensée », un stagiaire journaliste, exploité par son patron, Monsieur Pégard. Augustin épais comme une brindille, un roseau qui plie au vent, mais ne cède pas.

Augustin puisqu'il s'agi de lui, est sans domicile fixe, il squatte, fouille  désespérément dans toutes les poubelles de la ville ce qui pourra calmer son estomac. Sinon son esprit. 

Charleroi-la-sinistrée, sa place Charles-II sous les bombes, son monument aux pigeons morts, ses friches industrielles squattées par la faune des sans le sou, de ceux qui sont marginalisés par une société qui broie les êtres, après avoir broyé les minerais de métal et fait couler l'acier des cubilots engloutissant la matière à transformer en lave. 

 

Roman Actuel, de nos jours, avec ses montagnes de questions et ses incompréhensions. 

Eric - Emmanuel Schmitt , lui même, ses chiens. Se définissant par la bouche d'Augustin le stagiaire ;

.... "un écrivain féru de métaphysique et de religion. Il a la passion de comprendre les êtres, y compris ceux qu'il exècre ou qu'il n'approuve pas" .... 

 

 

Un Roman à ne pas manquer.

L'Homme qui voyait à travers les visages fait partie d'une oeuvre qui devient de plus en plus hors nomes. Tant l'écrivain explore l'histoire, n'hésitant pas à bousculer les certitudes ainsi que le politiquement correct.  Le présent, les gens de l'intérieur et de l'extérieur. Avec des questions et des certitudes. Il découvre et fait découvrir, il déshabille notre société, dans un Strip - tease des couches que constituent les strates  notre humanité et de nos vies empêtrées dans l'incertitude du lendemain. 

 

"J'avais acquit la foi, c'est - à - dire la confiance dans le mystère" 

 

Belle et Bonne Journée 

Belle(s) et bonne(s) Lecture(s)

Aussi !

 

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