burundi

  • Stand By Me : Ben E. King

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    La Musique pour

    Mémoire

     

    Tout droit(s) réservé(s) ©DanyMasson

    Crédit Photo(s) : @DanyMasson / Passion

     

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  • Khadja Nin : Sambolera.

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    La Musique pour

    Mémoire

     

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    Crédit Dessin : @Barly Baruti / Le Pasteur 

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  • Adagio for strings Barber

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    La Musique pour

    Mémoire

     

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    Crédit Photo :  Presse / Camps de Banyamulenge / 1997 / Rwanda 

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  • Colette à Anne - Marie Lizin

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    Anne Marie Lizin frappée au coeur .jpgMadame Colette Braeckman, grand reporter au journal Le Soir, spécialiste incontestée de l'Afrique des Grands  Lacs ,  qu'elle  parcours depuis tant d'années nous livre ici au travers d'un petit récapitulatif, de la carrière d'Anne - Marie Lizin. 

    Quelques traits communs et non exhaustifs, entre les deux femmes, la journaliste et la femme politique. Fidélité et Amitiés durables. Ne rien lâcher des causes et de leurs convictions. Une lutte pour l'émancipation de la femme avec un grand "F".

     

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  • Denis Mukwege aura - t - il le Prix ?

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    Le Prix Nobel de la Paix au Docteur Mukwege serait

    une reconnaissance pour les Populations du Kivu.

    dénis mukwege,prix nobel,kivu,femmes,viols,viol,guerre,est,congo,kinshasa,kigali,rwanda,burundiPour ces femmes, ces hommes, ces enfants, qui vivent depuis plus de 20 années dans des guerres sans fin, plus criminelles et plus horribles, les unes que les autres. 

     

    Crédit Photo : blog de Panzi 

     

     

     

     

     

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  • Passer à autre chose

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    Un rêve, un voeux, un souhait. Le monde avance, il 

    change. Il change au niveau des technologies. çà

    change aussi chaque 31 décembre de l'année. On fête,

    on chante, on souhaite l'an nouveau, comme si tout 

    le monde était content.  Non,  étonné d'être encore la, 

    pour cet an neuf. Pour cette Bonana. 

     

    Que l'on passe donc à autre chose et vite. Que cette

    année 2009, année noire dans les affaires, pour les

    familles, pour l'avancée de l'humanité. Que cette année

    fasse vite place à la nouvelle année et que l'on en parle

    plus. Ce sera difficile tant les plaies ouvertes auront du

    mal à se cicatriser. Dans les pays du Sud comme dans

    ceux dits, ouverts, démocratiques, industrialisés.

     

    La question de l'Identité Nationale en France me vient

    à l'esprit et avec elle, l'horreur de cette haine qui se répend

    dans le pays de Rousseaux, Camus, Hugo, Moulin. Oui 

    ce pèle mêle de personnalités dont peux s'enorgueillir  la

    France. Il y en à tant. Et le flux de sans abris qui continue

    de s'agrandir dans une indifférence de plus en plus grande

    puisque faisant partie de plus en plus du paysage publique.



    Flash Back. Léopold II. Le 100ème anniversiare de sa

    mort est passé presque inaperçu et pour cause. Le Roi

    homme d'affaires qui céda le Congo à la Belgique en

    ces temps de préparatifs du cinquantième anniversaire

    de l'indépendance du Congo prête à la controverse.

    Celui qui se rendait fréquemment à l'Opéra Garnier de

    Paris, aimait y rencontrer Cléo de Méraude, pendant que

    le sang  coulait des hévéas et que le caoutchouc faisait

    naître la colonie (Merci Paul).  


    Pèle-mêle, vous aller dire que d'autres s'arrangent pour

    lancer la polémique. Il ne suffit pas d'avoir en héritage

    ce poids de l'histoire. KDG, l'ancien Ministre des Affaires

    Etrangères belge à encore fait une de ses sorties dont

    on se passerait volontier. Tant dans la forme que sur le

    fond. Tout simplement parce que la forme discrédite le

    fond. C'est comme une revanche personnelle qu'il aurait

    à prendre contre les congolais et leur Président. Si ce 

    n'était aussi sérieux on pourrait en rire. 


    2009, aura été ici comme ailleurs une année à oublier,

    vive 2010, avec ses incertitudes, ses servitudes. 2009

    est venue avec une crise Financière, la plus grande que

    le monde ait certainement connue. 2009 s'en va avec

    la Finance qui se redresse mais avec une crise économique

    qui persiste et ne parlons pas de la crise sociale que tout

    ceci engendre. 2010 devra franchir les obstacles de la 

    pauvreté mondiale grandissante et faire preuve d'imagination

    pour favoriser de nouveaux les investissements, dans

    la production de biens.  


    Comme dit l'autre, "avant de crier victoire, attendons la

    suite, l'économique et le Social". La crise est encore la.

    Mais pour combien de temps ?


    A écouter Sarkozy et Lagarde c'est du passé. Le problème

    avec Sarkozy, c'est que, pas plus que la "gauche" il n'a de

    programme. Son seul programme, c'est son "Pouvoir", la

    pêche à l'audimat et  parler, parler, parler. Il pousse à 

    gauche, revient au Centre, pique vers la droite et plonge

    à l'extrême droite sans états d'âmes. Ce  Président à la

    bougeotte dans les idées. C'est un populiste.


    Décembre a tout de même respecté sa renommée du mois

    des cadeaux, des dons, des actes inattendus. Le F.M.I. et

    la R.D. Congo ont un accord triennal de l'ordre de  551, 45

    millions de dollars plus 72,68 millions USD dans le cadre 

    de l'aide aux Pays Pauvres très endettés (PPTE). Disons 

    les choses clairement, personne n'aurait compris que ce

    soit le contraire qui ait été décidé. Chinois ou pas ? 


    C'est dire l'avancée qu'il y a eu ces trois dern!ères années.

    Le but étant que ces aides, soient à terme visibles au sein

    des populations dans les quartiers défavorisés, les régions

    tout aussi défavorisées du Congo d'aujourd'hui. Ce sont des

    résultats qui sont donc attendus par tous. Le Président de 

    la République, ne s'y est pas trompé dans son annonce à la

    Nation le 7 décembre dernier. Que ceci ne soit pas qu'un 

    rêve mais puisse devenir réalité. 

     

    Un long chemin reste à parcourir. Ensemble. Peut être.

    Il n'est de sauveur suprême sans le soutient de ce qui est

    appelé aujourd'hui, "la Société Civile", "le corps Social"

    de la société. Une politique éloignée de ces piliers est à

    terme vouée à l'échec. Mais à contrario, "l'engagement

    citoyen est prépondérant pour les années à venir". Sinon

    l'éternelle ritournelle des "autres" reviendra et les solutions

    aux problèmes ne seront pas trouvées. L'avenir c'est du

    long terme. Rétablir l'Etat de Droits, l'accès à l'éducation,

    aux soins de santé, améliorer le panier de la ménagère,

    diminuer les tracasseries administratives, éradiquer les

    structures de certains escrocs qui se font passer pour ce

    qu'ils ne sont pas ou plus, qui utilisent des noms de

    structures d'Etat mortes avec le Zaïre par exemple, ne

    se fera pas en quelques mois. Dissiper le ou les mal 

    entendus non plus. 

     

    Le politique et l'Etat ont leurs responsabilités au même 

    titre que le citoyen. Des droits et des devoirs. Chacun 

    dans sa sphère d'influence. Le pouvoir pour les premiers,

    le corps social pour les seconds. Dans les notes jamais

    parues, une question à ce propos me taraude. Quid du

    plan urbanistique de la ville de Kinshasa ? Je l'ai peut

    être raté. Mais je ne le connais pas. pourquoi parler de

    çà ? Je repense aux expropriés de la Première Rue de

    Limete pour la construction du nouvelle hôpital. Tout ce

    qui a été fait aurait pu, aurait du se faire sous d'autres

    formes. Des gens ont tout perdu. Leur maison, le mobilier

    pillé, peux ou pas de primes d'expropriations. Jetés à la

    rue comme des mal propres. Une vie, des vies s'en sont

    allées en quelques minutes devant l'indifférence générale.

     

    ........

    L'indifférence, elle te tue à petits coups,

    L'indifférence, tu es l'agneau elle est le loup

    L'indifférence, un peux de haine un peux d'amour

    mais quelque chose.....

     

    L'indifférence, avant qu'on ne soit tous crevés

    D'indifférence,

     

    je voudrais la voir crucifiée...  

    Qu'elle serait belle écartelée l'indifférence.

     

    (Gilbert Bécaud) fait partie du spectacle des En-

    Chanteurs, "Je vous souhaite la pluie".

    ...........

     

     

     

    Un peux d'air et de musique : Les En-Chanteurs ont été 

    à la hauteur des attentes. Celle du public, celle de l'

    organisation, celles des sponsors et celle de l'auteur

    du livre dont a été inspiré le dernier spectacle, "Je vous

    souhaite la pluie". Livre écrit par la journaliste et écrivain

    Elizabeth Tchoungui. 

     

    Elizabeth est venue à Kinshasa. Se fut une rencontre

    magique. Jusqu'ici nous n'avions d'autres contacts

    que par les courriers électroniques et le téléphone.

     

    Ce fut un honneur de l'avoir parmi nous, une joie. Ce

    furent des émotions partagées. Des souvenirs. Une

    amitiés nouvelle.  

     

    Le public lors des séances de dédicaces lui fit un

    accueil à la hauteur du geste. "Merci d'être venue

    nous rendre visite à Kinshasa".

     

     L'adaptation du roman en tableaux chantés était une

    évidence.


    L'idée m'en est venue, tellement il était évident que ce

    roman est porteur de valeurs et qu'il passe en revue une

    série de clichés en les remettant à leur place. Tolérance,

    Droit à la différence, Croire en ses idées, la force de la  

    (des) femme(s). Un "Yes we can", écrit avant que Barack

    Obama ne soit élu. Un "Yes we can"  africain. 

     

    Cette collaboration triangulaire, Sud - Sud et Sud-Nord

    au niveau culturel fut un des moments phares de cette

    année 2009. Une expérience humaine enrichissante.

     

    Un livre écrit sur les réalités Camerounaises, visitées par

    des congolais aidés par une synergie vieille de plusieurs

    années, venue de Belgique au niveau musical. Quoi de 

    plus merveilleux. Que ceci ait plu  au public et à l'auteur,

    tout y est, la cerise sur le gâteaux est posée.

     

    L'aventure de ce spectacle devrait se poursuivre en 

    2010 avec des tournées de minis spectacles dans les

    écoles avec des livres en support. Lier le spectacle et

    la musique à l'éveil du Français dans les

    écoles. Quel projet.

     

    Mais il y aura une nouvelle date au Tarmac des Auteurs

    le 29 janvier 2010. Qui sait Yambi ? Peut être ?

     

    Le projet Yambi en 2007,  a transporté plus de 150 artistes

     en Belgique des troupes d'artistes congolais, des peintres,

    des sculpteurs, des   écrivains. Ce fut un réel succès. 

     

    Cette année, Yambi ce sera à Kinshasa. Pourquoi pas

    avec les En-Chanteurs ? 

     

    Que dire d'autres ? Plein de choses. Il y a tellement à

    dire. Tellement à communiquer. Tellement de réserve

    aussi à avoir par rapport à ce qui se passe ici et ailleurs.

     

    L'humilité. Voilà. Rester humble devant la vie et ce qu'elle

    nous réserve ou ce qu'on n'en fait nous même. 

     

    "Positiver" les choses, les regarder avec critique mais

    positiver. Rien ne sert de ressasser les mêmes rengaines

    qui ne font rien bouger. Détruire, nuire est si facile. Créer,

    aimer, accepter, comprendre, l'est moins.

     

    Meilleurs Voeux pour l'année 2010. 

    Bonne fête de Noël.

    Bonne fête de fin d'année. 

    Passer à autre chose

    Passer à une autre année

    Passer à de nouvelles bonnes intentions

     

    Bonne journée et Bonne lecture !


  • Luc Toussaint, Carnet de voyage, suite 6

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    Luc_Classe

     

    Carnets de voyage au Pays des Grands Lacs 2009 .

     

    Bukavu:


    Bukavu, grande ville de 800 000 habitants, est construite

    sur les bords du lac Kivu et particulièrement sur les 5

    promontoires ou presqu’îles et les multiples collines et

    pentes du massif qui s’élève jusqu’à 2000 m. Elle est ville

    frontalière avec le Rwanda et le Burundi et donc un centre

    d’échanges et de commerce important.

     

    Bord du Lac Kivu

     

    L’ancienne ville coloniale est évidemment construite sur

    les bords du lac, de nombreux immeubles subsistent un

    peu partout : villas, hôtels, écoles, casernes, palais de justice,

    bâtiments communaux, PTT, prisons et des édifices religieux

    catholiques dont  des églises, lycées, écoles techniques,

    monastères et le splendide site des Pères jésuites d’Amani à

    la pointe de la plus belle des presqu’îles, juste en face des

    vertes collines du Rwanda. Bukavu compte également une

    mosquée et de nombreux temples évangélistes…..

     

    Mosquée Bukavu

     

    La Compagnie de distribution d’eau a 18 000 abonnés ou

    compteurs, ce qui représente vraisemblablement une population

    de 150 à 200 000 habitants desservis en eau alimentaire de

    façon discontinue (plusieurs coupures et chutes de pression

    importante chaque jour). Il s’agit d’une eau de ruissellement

    traitée dans une station d’épuration située à 5 km du centre

    ville. Selon les informations recueillies auprès d’un membre

    de la Coopération belge spécialiste de  l’eau, les montagnes

    qui bordent la ville disposent d’énormes nappes aquifères

    d’une eau d’excellente qualité ! Bukavu ne manquera jamais

    d’eau alimentaire pour peu que l’on exploite ses richesses.

     Place de Bukavu


    En ce qui concerne l’électricité, la situation présente n’est pas

    plus favorable. Les privilégiés disposent de groupes électrogènes

    fonctionnant au fuel (pollutions sonore et atmosphérique) et

    peuvent ainsi ne pas trop souffrir des coupures de fourniture

    d’électricité (très nuisibles pour les ordinateurs et autres matériels

    sophistiqués). Exemple ce vendredi matin dans un quartier très

    privilégié: électricité à 6 h 30 puis coupure à 8 heures, pas de

    pression dans l’eau alimentaire suffisante pour la douche !

     

    La température en journée varie entre 24 et 28 degrés la journée

    (rarement 32 !) et il faut être à 2 000 m d’altitude par temps de

    pluies pour connaître 19 degrés. Le soir, il faut se couvrir

    légèrement, petit vent et 21 degrés.

     

    Vélos Tshukudu Goma
     

     

     

    La prison générale de Bukavu :

     

    Le bâtiment construit à 100 m du grand carrefour de l’Indépendance

    (actuellement en travaux avec des buldozers et engins de chantiers

    conduits par des Chinois) est imposant comme toute prison. Dès

    que l’on se trouve à l’intérieur, la situation est toute différente !

    Plus rien ne s’impose sinon les cris et interpellations des prisonniers

    dans la cour centrale. Il faut dire que les 840 prisonniers présents

    lors de notre visite sont livrés à eux-mêmes. J’accompagne le

    responsable de la Division Droits de l’Homme de la Monuc, mon

    ami Luc Henkinbrant, juriste verviétois, ancien Directeur d’Amnesty

    International Belgique et expert ONU depuis de nombreuses années

    en RDC. Le directeur de la prison dira lors de notre réunion de

    travail que lorsqu’il doit se rendre à l’intérieur de l’établissement

    pénitentiaire, il lui arrive d’uriner dans son pantalon (texto). En

    effet, des 8 gardiens et militaires chargés de la sécurité, aucun

    n’entre dans la prison. Les prisonniers sont donc totalement livrés

    à eux-mêmes et les plus forts font la loi ! De plus, il n’y a pas de

    cuisine centrale équipée et pas de service repas. La plupart du temps,

    ce sont les familles qui viennent porter nourriture au détenu,

    cependant fréquemment, la population carcérale connaît la diète,

    faute de livraison de nourriture par les autorités. Le directeur nous

    demandera d’être son porte-parole auprès des autorités supérieures

    afin d’améliorer cette situation qui génère des mutineries et des

    évasions parfois massives telle celle du 18 avril 2008 : 184 évadés

    dont des condamnés pour meurtres et violences sexuelles.

     

    La visite d’un responsable de la Monuc  a pour objectif d’informer

    le ministre de la Justice de la situation et particulièrement du fait

    que des condamnés dangereux et des délinquants sexuels s’évadent

    trop souvent, ce qui augmente aux yeux de la population, et des

    intéressés eux-mêmes, le degré d’impunité, augmentant d’autant

    l’insécurité des populations et particulièrement des femmes

    victimes de violences sexuelles.

    Prison
     


    Parmi les nombreuses propositions présentées par la Monuc pour

    améliorer la situation, il faut mentionner l’ouverture de «  fermes

    pénitentières » afin d’occuper et nourrir correctement les détenus.

    Hélas, toutes les propositions ne sont pas suivies d’effet, sauf

    peut-être pour celle de Kabare. Nous nous y rendons le jour même.

     

     

    La prison de Kabare dans la commune de Bagira :

     

    Bagira est une des 3 communes qui composent Bukavu, elle

    est construite sur les versants montagneux dominant le lac.

    Les urbanistes et architectes de l’époque coloniale ont

    parfaitement aménagé l’espace montagneux et construit de

    sorte que la vue sur le lac ou les montagnes environnantes

    soit imprenable. Grande place centrale en carré avec la

    maison communale, le cinéma, le magasin et les maisons

    mitoyennes, serrées les unes contre les autres comme dans

    les cités ouvrières des charbonnages et usines de Wallonie,

    sans oublier les grosses bâtisses des directeurs et autres

    cadres et ingénieurs ! Tout ce bâtit est  très délabré et parfois

    purement et simplement abandonné pour les plus isolés.

     

    Pour atteindre la prison, il faut poursuivre la montée par cette

    route de terre rouge que seul un 4X4 peut parcourir, à la

    condition que la pluie très fréquente ne l’ait pas rendue

    glissante et par conséquent impraticable (la terre argileuse du

    Kivu se transforme en boue savonneuse très glissante à chaque

    pluie).

     

    La prison de Kabare, située en milieu rural, est entourée de

    terres agricoles et dispose de possibilités pour du petit élevage.

    Mais, si la prison a été rénovée récemment avec des moyens

    belges et européens, la mise en pratique de la proposition

    Monuc est au point mort.

     

    La prison a d’ailleurs été réduite de 70 détenus ce matin même

    sans que la direction ne puisse exposer une explication claire.

    Il semble que les autorités policières, qui avaient procédé à

    des rafles de jeunes sur les marchés deux jours avant la visite

    du président Kabila, aient enfin cédé aux pressions d’ONG

    et de la Monuc, les arrestations ne reposant sur aucun fait

    pouvant justifier un emprisonnement. Les personnes arrêtées

    de façon totalement illégale, pour la plupart des jeunes de

    moins de 20 ans, ont séjournés en prison une semaine entière,

    quasiment sans nourriture, les familles concernées n’ayant

    jamais été informées du lieu de détention ! 

     Prison Kabare

    En route pour Goma :

    Et voici un nouveau périple avec déplacements en hélicoptère

    et bateau, visites d’un hôpital soignant des civils blessés par

    balles, d’un camp de 50 000 déplacés et de la ville de Goma

          550 000 habitants - envahie par 5 000 taxis-motos….

     

    Mais bien sûr, va encore falloir que j’explique où est Goma,

    qu’un volcan la domine et l’envahit régulièrement de coulées

    de laves etc…..

    Ok !  Mais comme je suis persuadé que la plupart d’entre vous

    ont ouvert leur atlas, que certains en ont même acheté un

    nouveau et que tous les autres sont allés sur Google Earth et

    qu’ils ont tout vu et tout compris, je vais être très bref (sic).

     

    Vélo Tshukudu chargé

     

    Camp Mugunga Goma

     

     

  • Luc Toussaint, Carnet de voyage, suite 5

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    Luc_Classe

     

    CARNET DE VOYAGE AU PAYS DES GRANDS LACS 2009

     

    A la rencontre des gorilles :

     

    Dans le monde aujourd’hui, 600 gorilles vivent en

    totale liberté dans leur milieu naturel, la moitié d’

    entre eux sont en Afrique centrale et particulièrement

    en RDC et au Rwanda.

     

    Ce dimanche matin 29 mars, j’en ai rencontré au

    Parc National de Kahuzi-Biega à 30 km de Bukavu,

    càd à une heure en 4x4.

     

    Ce parc national est grand de 6 000 km2 et situé

    dans un massif montagneux qui surplombe le lac

    Kivu, son altitude varie de 1 800 à 3 300 m. Il

    abrite de nombreux singes et parmi eux les gorilles

    des plaines orientales, des chimpanzés, des colobes

    (ou magistrats), mais aussi des antilopes, des buffles

    et des éléphants.

     

    Mon but de rencontre ce matin concernait les gorilles

    et seulement les gorilles qui depuis des années me

    fascinent. Le Kenya mais surtout l’Okavango au

    Botswana visité dans les années 90 m’avaient déjà

    enthousiasmé avec les très nombreux parcs abritant

    tous les animaux africains à l’exception des gorilles.

     

    En arrivant par une route humide et boueuse (orage

    toute la nuit et brouillard ce matin) à l’entrée du Parc

    national, ce sont d’abord les militaires très nombreux

    qui impressionnent !

     

    Des militaires des FARDC (Forces Armées de RDC)

    avec parmi eux probablement de nombreux CNDP

    (Congrès National Du Peuple) de Laurent Nkunda

    – actuellement en résidence surveillée au Rwanda.

     

    Ces ex CNDP sont intégrés dans les FARDC dans le

    cadre d’une opération vers le sud Kivu à la recherche

    et la poursuite des FDLR (Front Démocratique de

    Libération du Rwanda càd les Rwandais – militaires

    et interahamwe  qui se sont réfugiés en RDC, protégés

    par les Français de l’Opération Turquoise de fin juillet

    1994, il s’agit donc pour la plupart des auteurs du génocide

    des Tutsis d’avril à juin 94 : 600 000 à un million de morts).

    J’en suis conscient, ce n’est pas simple à suivre et encore

    moins à comprendre, mais c’est la réalité, celle qui rappelle

    les longues années de guerre qu’a subit le Congo et lui a

    coûté de 3 à 4 millions de morts par balles, épidémies, mal

    -nutrition.

     

    Aujourd’hui encore, l’Est de la RDC n’est pas totalement

    pacifiée, des troupes étrangères, des rebelles, des milices

    diverses sèment la terreur (viols, exactions, pillages, meurtres,

    tortures) et génèrent des dizaines de milliers de déplacés

    qui doivent se réfugier autour de Goma (150 000 déplacés

    actuellement). J’ai visité un hôpital soignant des civils

    blessés par balles et le plus grand camp de déplacés de

    Goma durant ces deux derniers jours, j’y reviendrai dans

    les prochains Carnets.

     

    Mais ce matin, j’étais à la fête, excité et en même temps

    un peu tendu ! Allais-je voir les gorilles ?  Ceux que j’ai

    vu au cinéma aux côtés de Sigourney Weaver interprétant

    le rôle de Dian Fossey. Ceux dont m’a parlé Pierre avec

    enthousiasme et un peu de mystère !

     

    J’étais surtout inquiet de rater la rencontre tant attendue

    et non de la présence de ces dizaines de militaires

    lourdement armés !

     

    C’est Lambert, le chef des guides qui va me conduire au

     « rendez-vous ». Il est en communication radio avec des

    pisteurs qui ont localisé un groupe. La rencontre est donc

    au programme, me voilà encore plus fébrile, plus curieux.

    Après un parcours de 15 minutes en 4X4 sur des pistes

    qui présentent des pièges et ornières boueuses et remplies

    d’eau de 40 cm, on entre à pied dans un sentier étroit,

    touffu, humide.

     

    Nous sommes à 2200 m d’altitude et mon équipement de

     marche n’est pas au top ! Les bottines des marches Adeps

    sont restées à Liège faute de place, le pantalon « Nature

    et Découverte » est trop léger mais l’excitation m’anime

    et, un peu naïf, je tente de rattraper le guide qui a déjà

    pris 50 m d’avance.

     

    Rapidement, les données sont claires, le terrain est humide,

    la végétation est tropicale, à certains moments, il faut se

    courber en deux pour avancer dans un espèce de tunnel

    de végétaux.

     

    Des branches griffent et giflent visage et chemise, des

    racines et troncs d’arbres ralentissent la marche, puis

    des piqûres aux mains me rappellent que la nature n’est

    pas toujours hospitalière. C’est à ce moment que le

    guide qui m’a attendu me conseille de rentrer les bas de

    pantalons dans les chaussettes car des fourmis

    agressives peuvent remonter sur les jambes !

     

    Et c’est là que je ressens une piqûre sur le ventre ! Et

    bien oui, des fourmis se promènent sur mon ventre

    et le torse, je n’ai pas rentré mes panneaux de chemises !

     

     Vite, éliminer ces intruses et reprendre la progression

     par ce sentier qui monte et me fait transpirer. Après 20

    minutes de marche, un deuxième guide - armé d’une

    machette - nous a rejoint et prend la tête. Encore 10

    minutes de marche puis j’aperçois 2 guides de plus, il

    s’agit des pisteurs, eux aussi armés de machettes et

    l’un d’eux porte fusil mitrailleur. Ce sont des pygmées,

    les meilleurs pisteurs de la forêt.

     

    Et 3 minutes plus tard, à environ 2 400 m d’altitude, dans

    une végétation abondante et haute, parmi des arbres

    immenses, sur une pente glissante, ils sont là !

     

    Je vois d’abord une femelle couchée sur le dos entourée

    de 3 jeunes bébés qui jouent et se battent. Incroyable !

     

    Gorille_en groupe

     Ils sont là, je suis là, à 5 mètres et ils ne portent aucune

     attention à ces 5 intrus qui débarquent devant eux. Je me

     fige et sors l’appareil photo sans attendre, de peur qu’ils

     ne disparaissent. Pas du tout, la mère fait la sieste, les

     bébés s’amusent comme si de rien n’était. Lambert

    m’invite à m’avancer pour mieux voir. Je suis à 4 mètres,

     mon cœur bat, mes yeux s’écarquillent et mon index

    actionne l’obturateur. Incroyable ! Je retrouve rapidement

    calme et sérénité et change d’optique pour placer le

    téléobjectif. Et voilà le « Canon » numérique et réflexe

    qui mitraille en gros plans. Quelques 20 clichés plus loin,

     le guide m’invite à faire deux pas à gauche et là, je

    découvre un amas de corps poilus, de pieds, de mains et

     des paires d’yeux de toutes tailles ! Mais de quoi s’agit-il ?

     

     Combien sont-ils et dans quelle position ? Il me faudra un

     long moment pour comprendre : le mâle est couché sur le

     dos les bras dissimulant son visage,  trois bébés, peut-être

     quatre sont couchés dans toutes les positions dessus et aux

     côtés ! Cet amas de corps est à 3 mètres de la femelle qui

     sommeille toujours, les premiers jeunes gorilles aperçus

    se sont éloignés et grimpent dans des arbres  en prenant

    des postures de show……

     

    Gorrile_amusé

    Dans le Parc National de Kahuzi-Biega, 10 groupes ou

    familles de gorilles sont recensées, celle qui est à « mon »

     rendez-vous est composée de Chimanouka, mâle de 24

    ans mesurant 1 m 80, de 17 femelles et des 13 bébés et

    enfants de 2 à 6 mois et de un à 5 ans. Trente et un individus

    composent cette famille qui se déplace en groupe, sans

    s’éloigner les uns des autres de plus de 50 mètres. Le soir,

    les femelles font chacune un nid, leur progéniture respective

    à leurs côtés, Chimanouka s’installe ensuite à son tour

    généralement, au centre ou en position stratégique de

    protecteur.

    Gorrile_tranquille


    Les gorilles ont une alimentation saisonnière, de janvier à

    mi-juin, les jeunes feuillages ont leur préférence, de mi-juin

    à fin août, ils montent dans des arbres bien précis pour y

    déguster les fruits et de septembre à décembre, ce sont les

    jeunes pousses de bambous dont ils raffolent. Mais attention,

    cette dernière nourriture provoque la diarrhée, ils doivent

    alors se nourrir d’un feuillage particulier pour interrompre

    la «  va-vite ».

     

    Depuis 10 minutes, je suis donc appareil photo à la main

    posté devant l’amas de poils, c’est alors que la femelle

    proche se décide à bouger, elle se lève, enjambe les paresseux

    et s’éloigne : encore 5 clichés puis l’attente reprend.

    Gorrile_a l'affut 

    Chimanouka daignera interrompre sa sieste enfin et prendra

    le chemin de la femelle et de plusieurs jeunes. Il nous montre

    son dos argenté dominant « Silber back » et disparaît dans la

    végétation abondante. Les pisteurs le suivent et je fais de

    même. Cinquante mètres plus loin, il s’est installé sur son

    postérieur et déguste des feuillages. Encore 15 clichés, le

    ciel s’est assombri et la pluie fait son apparition. Pas de

    problème, c’est le cœur léger et en joie, chargé de 80

    photos de plus que je prends le chemin du retour.

    Gorille_le sage
     

    La suite des Carnets relatera le déplacement éclair à Goma :

    aller en hélicoptère, retour en bateau, avec visite sur place

    d’un hôpital et d’un camp de réfugiés (déplacés).

     

    Demain lundi 30 mars, départ pour un périple de 5 jours

    au Rwanda…….

     

    A suivre ....

    Bonne journée et bonne lecture !

  • Luc Toussaint, Carnets de voyage, suite 3

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    i

    Luc_Classe

     

    CARNET DE VOYAGE AU PAYS DES GRANDS LACS 2009

     


    Située sur le lac Tanganyika, juste en face de

    Bujumbura, la ville d’Uvira, porte d’entrée de

    toutes les rébellions, en ce compris celle qui,

    vit arriver Laurent Désiré Kabila père et l'AFDL

     

    Ma porte d’entrée également. Serais-je encore

    rebelle, libérateur,ou simplement enragé, à

    chacun de voir ? En tout cas mes amis du Collectif

    Liège 2015 peuvent apporter un témoignage

    récent.

     

    A l’écoute de Radio Okapi, j’apprends que le

    Président, Joseph Kabila,  est en visite officielle

    au Sud Kivu et notamment à Uvira !

     

    Celui qui veut suivre et comprendre cette première

    journée de route se doit d’ouvrir – maintenant tout

    de suite – un atlas, s’il veut appréhender la situation

    et voir les deux grands lacs et les trois pays : Burundi,

    RDC et Rwanda.

     

    En résumé et pour situer, la RDC est un  pays immense.

    Pour saisir cette immensité il faut se rappeler que le

    Congo correspond aux territoires des pays d’Europe

    qui s’étendent du Portugal à la Pologne comprise !

     

    Et que la région des Grands Lacs est équivalente à la

    France et l’Espagne mais comprenant des régions et

    pays de petites superficies dont le Kivu ( Est de la RDC )

    , le Burundi et le Rwanda et de grands pays comme

    l’Ouganda et la Tanzanie notamment ! Le lac Tanganika

    est long de 750 Km !

     

    Je suppose que vous avez suivi et que l’atlas est ouvert

    sous vos yeux ébahis et curieux !

     

    Pour les autres yeux tout aussi curieux, Google Earth

    est également instructif !

     

    « En route vers de nouvelles aventures ! », comme disait

    Tintin à Milou……Et oui, il est impossible pour moi de

    voyager ici sans que ne resurgissent de mon enfance les

    images de « Tintin au Congo »….

     

    Mais bien sûr, j’ai aujourd’hui beaucoup d’autres lectures

    et références sur l’Afrique et le Congo et particulièrement

    le livre remarquable du journaliste polonais décédé

    récemment Ryszard Kapuscinski, « Ebène – Aventures

    africaines » en « Pocket » n°11351, à lire et relire

    absolument, en vente dans toute bonne librairie à Liège

    pour 6 €.

     

    Une route de bitume longe le lac Tanganyika à gauche,

    à droite s’étend une plaine de marécages et  végétations

     luxuriantes, à l’horizon des collines et montagnes vertes

     surplombées de nuages m’attirent.

     

    Ils sont des centaines sur la route, vélos chargés comme

    des mulets, motocyclettes à deux ou trois passagers et

    marcheurs portant toutes sortes de charges et d’outils,

    route étroite sans bas-côtés, sans tranchées d’évacuation

    des eaux de ruissellement, avec des nids de poules par-ci

    par-là, mais pas de problème pour la Toyota blanche 4X4

    chassis long dans laquelle je suis installé « comme un Prince »

    « Passe par le Burundi, tu seras comme un Prince » ils disaient

     

    C’est exact, sur le bord de la route que nous parcourons

    à vitesse réduite vu son étroitesse et les très nombreux

     usagers faibles, John au volant, des marchandes de fruits

     et légumes nous invitent : ananas, citrons, oranges, poires,

     avocats trois fois plus gros qu’au Delhaize !

     

    On traverse ensuite la rivière Ruzizi qui réunit le lac

    Kivu au Tanganyika et qui constitue la colonne vertébrale

    de la grande  plaine du même nom séparant Burundi

    du Congo et puis du Rwanda.

     

    Et nous voici déjà à la frontière, nous avons parcouru

    15 Km.

     

    La frontière !

     

    Asuivre ...

     

    Bonne journée et bonne lecture !


    Vie quotidienne_femme au fagot


    Vie quotidienne_le marché