construction

  • C'est pas toujours comme çà,

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    Le téléphone sonne, un samedi après - midi, pas vraiment envie de prendre

    le portable et énnerver mes oreilles, pas envie d'entendre  une fois encore,

    que çà ne va pas, que la vie est moche. Mais voila, j'appuie sur la touche.

    Réponse !

     

    C'est que l'économie du pays ne va pas. Elle ne va nulle part, c'est sure. Mais

    ici, en plus de la récession, c'est qu'il n'y a même jamais eu, ou alors, il y a de

    cela très longtemps, en des temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas

    connaîtres, Relance. Sauf celle de la misère et des laissés pour compte. Ici de

    ce point de vue, c'est l'inflation.


    Le mec au bout des ondes, le fil, c'etait aussi pour avant, il est marqué pas-de-bol.

    Métisse des Caraïbes, dans un pays d'Afrique Centale, arrivé dans les bagages

    des télécoms, lourdé après à peine douze mois, une femme enceinte, pas de bas

    de laine, mais une Madeleine enceinte jusqu'au yeux et des problèmes en veux tu,

    en voilà. Vie foutue vie !


    Le mec, des diplômes et des compétences plein les poches, plein le bide, plein

    le crâne, Et du bide il en a. Mais même ses paires le lachent. Même ceux de

    sa communauté le lachent. Appatride !


    Il n'a que lui, sa force de travail. Que lui et ses trippes. Que lui et ses idées, et

    ses projets, ses diplômes, sa râge de vaincre. Ses poings aussi. Quand il rentre

    tard, d'un petit boulot décroché par ci par la, un contrat de consultant d'un pote

    qui ne veux pas le lacher. Quand il rentre tard, le soir, il faiit nuit très tôt sous

    les Tropiques. Les frères, les cousins, ceux qui vivent de rien, ou de ce qu'ils

    peuvent pendre chez l'autre. La bière, les femmes, le chanvre, un endroit où

    se mettre à l'iombre. Alors, lui, quand il rentre le soir, tout en sueur, fatigué

    d'avoir pensé, d'avoir compté chaque heure, chaque franc congolais gagné,

    pour donner à manger à celle qu'il aime. Alors, la, le mec, il pète les plombs.

    Il voit noir, rouge, il voit, c'est comme tu veux. Et il shoote dans les tables en

    bois, basses, dans les chaises, sur les mecs, qui prennent la Primus, ou la Nkoyi

    Ils  boivent sur sa sueur. Il les insulte. Indigné de cette mentalité de rapace.

    Indigné !

    C'est qu'il peut être violent. Mais il évite. Il connaît trop bien la violence. C'était 

    une autre vie, mausade, sur les terres des trois divinités. Occupation. Crépitent

    les mitrailletes, tonnent les canons, déchirent les chaires. Colonisation. Deux

    de ses doigts, et t'es mort.  Il en est sorti. Pas  grandi. Humble,  seulement.

    Humilité !

     

    C'est un peux son reflet, c'est un peux lui, mais il doit s'aérrer les  pensées, ses idées,

    aérer ses muscles fatigués, de ce poids de la pauvreté qui lui pèse sur les dos.

    Il n'accepte pas. Il refuse. Il s'indigne de la médiocrité. Il veut être différent. Il

    ne demande pas des millions, mais du travail, des responsabilités. Dignité.

     

    Et dans le portable, c'est plein de dignité, comme le bout du tunnel à portée

    des yeux et des pensées. C'est sa fumée blanche. Sortir du noir, de l'obscure.

    Il vient  de déccroché  un contrat.  Un vrai,  pas  un de ceux qui ne paye pas.

    Pas un contrat de duppe. Pas un contrat raciste qui exploite tes faiblesses,

    et qui te suce, ton talent et tes idées.

     

    Il est heureux, çà s'entend. Il appelle, juste pour dire, juste pour partager.

    Pour te faire comprendre que t'as souvent été la. Pas toujours. Mais souvent !

    C'est pas toujours comme çà que çà se passe. Dieu que çà fait du bien même

    un samedi, de décrocher son mobilophone pour entendre la joie et la dignité.

     

    Belle et bonne journée et Bonnes lectures aussi !


     

  • Histoire des gens : Les Graviers de Nsiamfumu

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    muanda,océan,rdc,graviers,economie informelle,eau,construction,travail,piere,sable,atlantiqueSavent ils les « Graviers » qu’ils sont bénits ? Dans la tradition africaine en général, l’Océan est bénit. Aller à l’Océan sans revenir avec une bouteille de cette eau salée, bénite entre toutes les eaux, quel affront.

    Une manière aussi de dire que l’eau bénite venue de Rome, et qui remplaça la matière sacramentelle qu’utilisait le lignage Kinsaku, entre autres,  pour  honorer de grands événements on y croit, mais !.

    De plus, dans ce territoire de Muanda, Nsiamfumu a vécu, la traite des esclaves, le commerce des Africains, à partir d’une de ses   plages. Ce qu’amenaient les hommes venus d’ailleurs. (Image ©Danymasson)


    n’étaient pas en adéquation avec les évangiles. Les agissements souvent inhumains et dégradants des missionnaires contredisent leurs bonnes proses, leurs paraboles, leurs versets, leur morale.

    « Les Graviers » autrement dit, les hommes qui extraient le gravier de l’Océan dans des petits paniers d’osier, du volume d’un sceau. Ils s’emploient à leur labeur dès le levé du jour, vers 5,30 heures, pour s’arrêter dès que la tâche du jour est atteinte.

    Economie informelle. Travail qui permet l'élévation de maisons des gens qui viennent de Kisnhasa, et d'ailleurs. des gens simples, des gens qui vous disent se qu'ils pensent, des gens qui savent ce que c'est que travailler veut dire. Nourrir la famille, payer le miinerval. Pour celà, remplir des fûts de 200 litres de ce garvier si précieux. Réponse à la demande. Débrouille. Article 15.  

     Avant le fin de la journée….


     

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    ©Danymasson Fin de journée, les tas de

    graviersont remonté en haut de la falaise


    Ils ramènent ainsi l’équivalent de 5 à 10 fût de 200 litres par jour de gravier. Ce dernier,  est d’abord ramassé pour être déposé sur la plage au bas des falaises. Ensuite, en fin de journée, les petits tas sont remonté en haut, sur la terre ferme par tout le monde. Enfants y compris.

    Le gravier sera ensuite acheminé vers la ville de Muanda pour y être utilisé pour le béton de construction. La ville de sable se remplit de maisons nouvelles. Si le pundu n’est pas cultivé, si la salade manque, les habitations poussent à coup de billets verts venus de la capital. Venus de Kinshasa.

    C’est un travail dur, mal rémunéré, mal organisé, c’est l’article 15 encore une fois qui prime sur le reste. Il faut manger, payer le minerval, il faut vivre. Le fut de 200 litres est vendu entre 5 et 12000 francs congolais de 5 à 15 $ US. Pêcheurs, arrières petits fils et fils de pêcheurs, ils se recyclent. C’est que le poisson manque. Ou plutôt, que les moyens manquent à une exploitation de  pêche organisée.

    Au large, les chalutiers Angolais, mais aussi Coréens pêchent dans les eaux congolaises. C’est donc avec des pirogues que les pêcheurs s’en vont au delà de l’horizon. Pour plusieurs jours quelquefois. Quelquefois, la pêche est détournée et les bateaux au loin approvisionnés de trafics divers du poisson fruit du troc. Troc en tout genre.


     

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    ©Danymasson 

    Il faut porter, porter encore…


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    ©Danymasson  l'Océan ne donne pas que des poissons



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    Belle et bonne journée. De belles lectures aussi !