culture haitienne

  • N'employez pas ces mots la

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    Haïti, on en parle, on regarde à la TV, on écoute à

    la radio. Plus on écoute, on regarde et plus on se

    sent à la fois proche des familles des victimes mais

    aussi il faut le dire, impuissants. Sinon par l'aide que

    l'on peut  envoyer rapidement par des dons qui sont

    organisés et relayés par des organismes qui sont

    professionnels en la matière.

     

    La terre entière ne suffirait pas à dire notre notre

    soutien profond.  


    Il y a ceux qui sont sur le terrain. Les urgentistes. Il

    y a ceux qui en quelques secondes ont tout perdu.


    Il y a ceux qui relaient tant bien que mal l'information.

    Cette information dont les haïtiens ont besoins pour

    qu'on puisse leur venir en aide, que l'on connaisse

    l'ampleur du désastre de l'indicible. C'est l'information

    donnée par les médias du monde. Il y a l'information

    de l'intérieur. Il faut remettre vite en marche les radios

    pour que les personnes puissent communiquer. Il faut

    pouvoir savoir, et faire savoir que telle famille est la,

    que les frères, les soeurs, oncles, cousins, tantes, sont

    en vie. Ou pas.


    Et puis, il y a ceux qui jouent avec les mots sur la

    tête des morts. Ceux qui sont en compétition. Ceux

    de l' audimat malsain qu'il faut nourrir. Le monde en

    paix loin des catastrophes a besoins de faire monter

    son adrénaline. Il faut du sensationnel. Comme si la

    vie en soi, n'était pas déjà sensationnelle. Certains 

    on besoin de vivre l'horreur par procuration    assis

     



    Dany Laferrière, grand écrivain haïtien, Prix Médicis

    2009, a fait une  mise au point. Avec sa verve et sa

    fibre universelle.


    Il disait ceci dans les colonnes du journal "Le Monde".


    "Il faut cesser d'employer ce terme de malédiction.

    C'est un mot insultant qui sous-entend qu'Haïti a fait

    quelque chose de mal et qu'il le paye." .... et de 

    poursuivre ...


    "C'est un mot qui ne veut rien dire scientifiquement.

    On a subi des cyclones, pour des raisons précises,

    il n'y a pas eu de tremblement de terre d'une telle

    magnitude depuis deux cents ans. Si c'était une

    malédiction, alors il faudrait dire aussi que la 

    Californie ou le Japon sont maudits. Passe encore

    que des télévangélistes américains prétendent

    que les  Haïtiens ont passé un pacte avec le diable,

    mais pas les médias… "


    Voilà donc le cri d'un homme parmi tant d'autres,

    un homme qui refuse la fatalité et la malédiction.

    Un cri d'espoir et la conviction que c'est ici, sur 

    cette terre, que les hommes construiront ce qui 

    sera leur avenir. Et que la vie culturelle a toute

    sa place dans cette reconstruction. 


    Un cri entendu ? Il le sera d'avantage si d'autres

    ne capitulent pas sur l'autel des divinités. 


    Dimanche, une journaliste française parlait de la 

    reconstruction et du temps que cela prendrait. Elle

    disait "il faudra un plan Marshall pour aller vite, pour

    reconstruire Haïti dans les 10 ans à venir"


    Le mot, le nom, le plan est lancé. 


    Haïti, le Congo, les pays des Grands Lacs de 

    l'Afrique Centrale, vivent les mêmes conditions

    de pauvreté. Le manque de tout, comme on dit.


    Qui peut croire que l'on pourra décemment avancer

    dans le développement de régions du mondes qui

    sont pauvres et dénuées de tout,  sans des plans

    ambitieux à la hauteur de l'humanité ? Qui peut 

    croire à une bonne conduite des affaires dans des

    conditions de vulnérabilité aussi profondes ?


    N'employez pas ces mots là. Ces mots qui ne 

    veulent rien dire. Les banques ont été sauvées 

    par la volonté politique des hommes et la crise n'

    avait rien d'une malédiction. La pauvreté, aussi 

    pourrait être vaincue par la volonté des hommes.


    Bonne journée et bonne lecture !