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  • Luc Toussaint, Carnet de voyage, suite 4

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    Luc_Classe

     

     

     

     

     

     

    CARNET DE VOYAGE AU PAYS DES GRANDS LACS 2009

     

    Comme toutes les frontières, le même scénario,

    d’abord dans le décor général il faut des taxis ou

    plus précisément des taxis collectifs ou minibus, les

    seuls transports de personnes qui existent là où il n’y

    a ni trains ni service de bus publics. Mais en plus il faut

    des policiers, quelques militaires et pourquoi pas des

    douaniers et tant qu’on y est d’autres voyageurs….


    Bien vu, c’est exactement ce que j’ai capté en arrivant,

    un 4X4 de la MONUC en plus (Mission ONU au Congo)!

     

    Entré dans le bureau,  un Européen qui termine les

    formalités me tend la main et se présente, « Je suis de

    la MONUC , je vais à Bujumbura, n’es-tu pas Luc l’ami

    de Luc ? »

     

    Et me voilà déjà repéré !

     

    Deux cents mètres plus loin, entrée en RDC, le même

    scénario sans personne de la MONUC…

     

    Dans le bureau du chef, un grand sourire m’accueille,

    je tends une main franche et directe, yeux dans les

    yeux, le chef m’invite à prendre un siège ! Accueil

    convivial, tampon et poignée de mains en 3 minutes.

    Et voilà, avis aux amateurs……

     

    La barrière se lève, entrée en RDC et la danse

    commence, impossible de rester assis sur le siège,

    la route est tellement défoncée que seuls les 4X4

    peuvent passer sans racler le sol avec le bas de

    caisse.

     

    Pas de bitume, aucune trace d’asphalte, elles ont

    disparu depuis des années ! Ca des nids de poules !

    Mais ce sont des nids d’éléphants ! Des bosses et des

    fosses de 30 à 40 cm, jamais vu cela, ni en Turquie, ni

    en Iran, ni en Afghanistan dans les années 70, jamais vu

    cela dans le Sahara ni en Casamance, au Zimbabwe

    ou au Botswana, nulle part !

     

    En route vers de nouvelles mais prudentes aventures !

    Vitesse de la voiture : 5 à 10 km/h, rarement 15 à

    l’heure, heureusement, 10 km nous séparent

    d’Uvira.


    Sur cette route provinciale d’entrée dans Uvira, des

    centaines de motos-taxis rivalisent d’adresse pour

    évoluer entre les piétons souvent chargés, portant des

    barres de fer ou des régimes de bananes, ou des

    jerrycans et autres récipients en plastic jaune remplis

    d’eau, des vélos eux aussi chargés de sacs de farine

    ou de ciment, de ballots de feuilles de manioc, de bois

    de chauffage etc….La plupart du temps, le cycliste

    marche à côté de son vélo-mulet !

     

    Et dans toute cette circulation, des enfants,

    des chèvres, des ‘mamas’ rentrant de la rivière avec

    la lessive, mais aussi quelques camions,

    camionnettes et jeeps militaires de la Garde

    Présidentielle. C’est vrai, je l’avais oublié celui-là,

    le Président Joseph Kabila  n’est pas loin, mais

    où ?


    Prendra-t-il la parole, s’adressera-t-il aux habitants

    d’Uvira, c’est la question que chacun se pose ?

     

    Après le repas pris en famille chez John, fufu et

    petits poissons fumés, la route s’ouvre à nous vers

    le nord, une des très rares routes asphaltées de

    RDC. Cette route plein nord de 70 Km nous mène

    vers Kamanyola et le poste frontière avec le

    Rwanda de Bugarama.

     

    Tout le long de cette voie, des centaines de

    mamas rentrent du champ portant leur outil et des

    réserves de bois de chauffage, ainsi que quelques

    fruits, choux ou manioc.


    Toutes ces femmes de tous âges marchent sur le bord

    de la route en file indienne, le dos courbé sous le

    poids de la charge (pour en savoir plus

     

    http://www.observatoiredelaparité.org

     


    Peu d’hommes participent aux travaux agricoles,

    moins de 5 % si mon observation est bonne, de

    plus, généralement l’homme a un vélo.

     

    Vie quotidienne_enfants en promenade

     

    Nous traversons des villages disposant d’un ou deux

    puits que l’on repère facilement en voyant la

    concentration de petites filles portant des jerrycans

    jaunes autour et alentours et bien sûr le long de

    la route.

     

    C’est sur cette route qui longe la grande plaine (très

    peu cultivée et exclusivement de façon artisanale

    sans aucun recours aux  bêtes de somme et encore

    moins à des engins mécanisés) que l’on peut

    s’approvisionner en lait, lait caillé, yaourt produits

    à partir des troupeaux qui paissent dans cette

    plaine et dans les collines la bordant.

    Après une heure et demie de route, frontière

    rwandaise, formalités habituelles.

     

    Dès la barrière passée, on est dans un autre

    monde ! Les routes sont parfaites, avec rigoles

    d’évacuation des eaux, marquages au sol,

    panneaux de signalisation routière.


    Si l’habitat est relativement construit avec les

    mêmes matériaux, l’environnement des

    maisons est soigné, nombreuses fleurs

    et « verdurisation » entretenue autour

    et alentour.

     

    De plus, la circulation est structurée et les animaux

    telles les chèvres sont attachées ou tenues en laisse

    par des enfants notamment.

     

    Un autre pays, mais surtout un autre monde !

    La traversée de 50 km se déroule sans encombre,

    photos des enfants et jeunes filles et garçons

    portant des jerrycans d’eau (à première vue, les

    garçons participent au transport de l’eau), photos

    diverses dont les très belles plantations de thé.

     

    Vers 18 heures, arrivée au poste frontière et entrée

    en RDC pour retrouver le pont franchi une route

    défoncée, la vitesse de déplacement chute

    de 60 à 10 km/heure.


    Le Lac Kivu est de moi, une splendeur, des

    lumières incroyables, quel beauté, quelle joie !

     

    Luc_Bateau et drapeaux

     

     

     Route suivie d’Uvira à Bukavu :

     

    Uvira, Bwegera, Kamanyola, frontière de Bugarama…

    transit dans le Rwanda puis arrivée à Bukavu par

    le poste de Ruzizi Premier.

     

    Pêche dans le lac Kivu :

     

    Pêche au filet Maya, petites mailles, en barque

    de bois de 5 m de long avec moteur hors-bord

    classique, pêche à la lampe à pétrole essentiellement

    à la tombée de la nuit ou pendant la nuit.


    Le filet est lancé pour 2 heures, pêche de 5 à 10 kg

    de très petits poissons de 8 à 12 cm (même taille

    que les anchois). Le kilo est vendu par le pêcheur

    1 400 fr congolais le kilo aux mamas, celles-ci les

    font sécher au soleil durant une heure ou deux selon

    la taille puis les transportent et revendent au

    marché 1600 à 1700 francs.


    A Bukavu, la coopérative regroupe 140 pêcheurs,

    54 coopératives pour le lac Kivu côté RDC.


    Pour devenir pêcheur et adhérer à la coopérative,

    il faut acheter un filet et suivre la formation

    organisée par la coopérative. Le pêcheur n’ayant

    pas de barque paie un dollar par semaine au

    propriétaire pour pouvoir jeter un filet chaque jour.

     

    Une autre coopérative regroupe les pêcheurs qui

    utilisent d’autres méthodes pour la pêche du tilapia.

    Ce poisson de plus grande taille a été introduit

    récemment dans le lac Kivu.


    Il faut savoir que le sous-sol du lac contient des

    poches de méthane, exploité à partir de deux

    plates-formes. Mais de ces poches s’échappe

    du gaz dans le lac, ce qui limite très fort la vie

    aquatique : pas de crocodiles ni d’hippopotames,

    ni de poissons de grandes tailles comme le capitaine

    et la perche du Nil que l’on trouve dans le

    Tanganyika voisin.

     

    Activités sur et dans le lac :

     

    Par ailleurs et cela posera problème si l’Autorité

    publique décide de développer le tourisme au bord

    du lac, très peu d’habitants ont appris à nager (pas

    de piscines, très d’accès aisés au lac car pas de

    plage à Bukavu et environs) ce qui engendre

    régulièrement des noyades lorsqu’une barque ou

    un bateau chavire. Les pêcheurs ne savent pas

    nager non plus (sauf très rares exceptions) !

     

     

    Transports à Bukavu :

     

    Pas de transports publics organisés, pas de

    routes bitumées à l’exception d’un tronçon de

    2,5 Km et de 500m en construction depuis

    7 mois !!!!


    Les transports collectifs sont exclusivement

    privés et se décomposent comme suit : 2700

    motos-taxis, 300 voitures-taxis et des minibus,

    principalement des Toyota transformés – les

    sièges sont remplacés par des bancs de bois

    afin d’augmenter le nombre de places - et

    accueillant 24 passagers assis, plus ceux

    qui s’agrippent aux portes !


    Pour le transport des marchandises, camions

    et camionnettes de toutes tailles et en tous genres,

    pas de charrette avec animal de bât. Mais il faut

    mettre en évidence les milliers de femmes qui

    portent tout sur la tête ou sur le dos : bois

    de chauffage, sacs de farine de 50 voire de

    100 kg (n’en croyant pas mon guide, j’ai

    vérifié !), des fruits, légumes, poissons, charbon de

    bois, des briques de construction etc…..

    Les hommes portent peu et utilisent de

    préférence le vélo.

     

     

    A Suivre, les parcs, les Gorilles...

    Bonne journée et bonne lecture !

     

    Luc et gorille