goma

  • 56 Ans

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    C'est le 56ème anniversaire de l'Indépendance du Congo. 

    Une pensée pour la population et l'espoir que cette année

    se passera bien. 

     

     

     

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  • La Musique Pour Mémoire : Manuscrit complet

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    Alors que le soleil se couche sur le Fleuve au dessus du  Pool. Qu’il n’est ni tard, ni tôt. Alors que les paons chantent leur symphonie avant et en s’envolant  dans les arbres qui les abritent, mais aussi,  l’art des artistes, sculpteurs, peintres, potiers, céramistes qui viennent ici, dans ce havre de Paix au milieu de la ville, se ressourcer, méditer, élever leur esprit à l’œuvre qu’ils veulent modeler, peindre, tailler.

     

    Alors que les restaurants de la ville se remplissent de vie. Les fourneaux pré chauffés à blanc, les plats préparés pour la cuisson attendent le coup de feu.

     

    Dans quelques minutes, le ballet des gens de salles commencera. Les vas et viens entre les tables et les cuisines  reprendra comme à l’habitude. Ici, ou ailleurs, dans cette ville, ou dans une autre, il en est de même. Au centre de l’Afrique, au bords des rives du fleuve Congo. En bord de Meuse ou à l’embouchure de l’Escaut. Entre les gratte-ciels de San – Francisco, ou à la sortie d’une usine ou du Conservatoire  de Saint – Petersburg, dans un quartier populaire de Paris ou dans une des rues de l’île Saint-Louis. Partout, même sur un sampan flottant sur  les eaux du Yang Sée Qiang. A la lumière couchante, les tables se font l’endroit de rencontre. L’endroit du repos et des rites. Rituel humain. Rites sociaux.

     

     

    ....... voir la suite dans le PDF associé 

     

    Laissez des commentaires svp.... 

    Si vous aimez, n'aimez pas,

    ce que vous pensez,

    sans pudeur, sans retenue, ... 

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  • AMANI, Danser pour Changer, Chanter pour la Paix

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    En février de l'année dernière, 25 000 festivaliers, contre toute attente, ont vibré  sur des Rythmes Africains avec pour slogan, "Danser pour changer, Chanter pour la paix". 

    2015, AMANI (qui veut dire PAIX en Swahili) remet çà les 13, 14 et 15 février 2015. 

     

     

     

    Une Affiche attrayante et de qualité mondiale 

     

    De grands artistes africains parmi lesquels : Habib Koïte du Mali, Ayo,

    allemande d’origine nigérienne, Alpha Blondi et Tiken Ja Fakoli de Cote

    d’Ivoire, Juliana Kanyomozi d’Ouganda, Fally Ipupa et Papa Wemba de

    RDC, Ismaël LÔ du Sénégal, Youssoupha, Gaël Faye, ... Deux ou trois de

    ces artistes internationaux seront de la partie en février ! Des chanteurs du

    Rwanda et du Burundi. 

     

    Les O.N.G. aussi 

    Les ONG ont un espace à elles. Les Organisations Non Gouvernementale 

    qui oeuvrent pour la Paix dans la Région sont non seulement invitées pour 

    y dresser des stands mais pour y sensibiliser les festivaliers à leurs actions.

    Expliquer, Danser, Chanter.... 

     

    De Spa à Goma en passant  par Kinshasa, pour la Culture et la Paix 

    Les Francofolies de Spa, le plus grand festival belge du mois de juillet à 

    en 2014 jetter l'encre et les micros à Kinshasa. Les Francofolies de Spa et

    de Kisnhasa, soutiennent le Festival AMANI, afin de faire rayonner dans le

    Pays,  la musique, la culture  congolaise et en faire un instrument de Paix.

     

    La musique pour retrouver notre "Humanité". 

    Jembe, Tambours, Guitares, danses et les Voix vont résonner pour la Paix

    pour que çà change. Des instruments pour montrer que l'on est pas résigné

    dans les Kivu et dans cette région, qui est une des plus meurtries, avec des

    supplices sans nom(s),  ou que nous avons du mal à nommer,  de la Planète

    en ce moment. 

     

    Des adresses et des contacts : cliquez sur l'image ... 

    amani,goma,spa,kinshasa,paix,franco folies,belges,rdc,jembe,danser,chanter,changer

     

    Belle et Bonne journée, Belles et Bonne Lectures, Aussi ! 

     

     

  • Kinshasa, Chronique d’une Fausse note attendue

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    Chronique d'une fausse note ou  d’une Faute attendue.

     Sur fond de report possible  des élections présidentielles en République Démocratique du Congo,  alors que le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, ne cesse de dire, je cite ;   "Le débat autour de la fin de mon mandat relève de la distraction", ceci se passait dans le Katanga en fin d’année 2014.

    Kinshasa, Goma, et d’autres villes manifestent leur mécontentement. Des manifestations de militants supposés de l’opposition ont lieu. S’ensuit très vite, la peur, l’arrêt de l’activité économique, l’arrêt des transports ce qui immobilise l’ensemble de toute la population. 

     S’ensuit aussi, une forte répression orchestrée par la Police Nationale, le dépassement des Leaders de l’opposition, (l’utilisation du mot, « supposés » n’est nullement fortuit).

     Chronique d’un malaise annoncé ?

    -   Il y a le flou autour de cette élection Présidentielle, de la révision de la Constitution ou de la possible prolongation du mandant à cause d’un recensement inadéquat.

    -   Il y a l’emploi qui manque. Le chômage qui ne cesse de croitre. Les entreprises qui ferment, les taxes anormales qui sont prélevées dans les entreprises et dans le petit commerce. Une économie qui ne s’étouffe pas, puisqu’elle n’existe quasiment pas, mais qui ne démarre pas. Des riches très riches. Une Classe Moyenne qui peine à éclore. Une population dans l’extrême pauvreté.

    Ceci n’est que la partie visible. Nous pourrons aller plus loin dans le raisonnement d’une économie congolaise qui pour les uns, est en hausse, et pour d’autres, certainement les plus raisonnables, est en baisse et gravement en baisse. A ce propos, seul le pouvoir n’est pas responsable. Il y a tout un ensemble qui ne tourne pas en Afrique des Grands Lacs, et en particulier en R.D.C.

    Ce jeudi, l’Assemblée Nationale a de nouveau à l’ordre du jour,  le report de la date des élections pour cause de recensement. Ce qui fait de cette journée, un jour particulier de tensions diverses, d’attente et d’obesrvation(s).

    Pas touche à la Constitution !

    La tentative de  modification de la Constitution, qui pourrait permettre  au président Joseph Kabila d’aller vers un troisième mandat suscite  la colère quasi générale, au Congo et à l’étranger, nous assistons à une manœuvre, très osée et sur le fil, de sursoir aux élections pour cause de …. Recensement.

    Le 17 janvier en soirée, l’Assemblée Nationale a adopte un projet de loi qui lie la tenue des prochaines élections, législatives et présidentielle, au résultat et surtout à l’aboutissement du recensement général qui doit être entamé cette année.

     Les votes : 337 POUR, 8 CONTRE, 24 ABSTENTIONS. La plupart des députés de l’opposition n’ont pas pris part au vote.

    Les choses vont très vites. Et si un recensement de la population, et donc des électeurs, représente un coût exorbitant, une organisation extrêmement lourde, ELLE N’EST PAS FORCEMENT LONGUE. Une année tout au plus !

     Bien que le Président dit et affirme le contraire. Il est évident pour tout le monde qu’au niveau du pouvoir en place, on se pose des questions quant à l’après Joseph Kabila. Et différentes réflexions ont été produites afin de laisser la main dans les meilleures conditions possibles.   

    La fermeture de plusieurs industries, les différents chantiers de la modernisation du pays qui sont freinés, la relance agricole qui tarde , et une corruption qui ne cesse de croitre à tout les étages, font que le Bilan annoncé est quelque peu ternis.  Des enrichissements et des spoliations de biens au vu et au su de tous.

    Le Président ne peut tout régler. Mais le laisser faire, laisser aller, lasse la population qui n’en peu plus de voir tout ces biens qui sont mal acquit par des gens qui ont un poste plus ou moins haut dans l’appareil de l’Etat.

    Attendre la fin du recensement représenterait donc une manière reprendre la main durant encore au moins un an ou deux,  ce qui équivaut à récupérer le temps perdu à cause, dit-on  de la guerre à l’Est.

    La guerre à l’Est à bon dos. Décidément, le Kivu porte au fil des ans, de plus en plus le poids de la destinée de la R.D.C.

    La fausse note tant attendue 

    Pourquoi en arriver la ? Car, le Pouvoir comme la population et la Diplomatie Internationale, tout le monde sait que la moindre fausse note serait comme une allumette jetée dans un stock de poudre.

    Personne n’est dupe, la majeure partie des députés de l’opposition, boycottant le vote de samedi soir, ont dénoncé un « coup d’Etat constitutionnel ». On est habitué aux grandes phrases et aux formules qui font mal au bord du Fleuve Congo. Mais il faut dire que beaucoup de monde attend depuis longtemps la première provocation du Pouvoir en place.

    A la disposition de report des élections s’ajoute entre autres,  celle de la caution exigée aux candidats à l’élection présidentielle qui passe  de 50.000 à 100.000 dollars.

    Alors que Paris et le monde « Est Charlie, la Paix, l' Union, », Kinshasa se rebelle 

    Les partis d’opposition ont rapidement perdu le contrôle de leurs troupes, qui ont été dépassées par des émeutiers et des pillards. Pillages ci et la ont très vite été exécutés, ces derniers jours.

    Le Pouvoir a réagi par la manière forte, la Police anti émeute a tiré à balles réelles sur les manifestants. Le bilan des victimes est contesté, mais il y a des morts dans les deux camps :

    C’est la guerre des chiffres quant à savoir combien de personnes ont péris lors des manifestations. Des symboles de la réussite du pouvoir ont été incendiés, les Bus Transco.

    En plus des arrestations, et de mise à résidence surveillée, l’accès au réseau Internet et aux SMS a été suspendu, afin, probablement,  de freiner une éventuelle coordination entre les émeutiers.

    La voie express menant à l’aéroport a été bloquée et le vol Air France du mardi soir a été supprimé. L’Unikin semble très mobilisée. Les étudiants manifestaient en grand nombre.

    La simultanéité des manifestations de jeunes, leur manière quasi organisée pourrait faire penser, à quelque chose de préparé depuis longtemps. Les attaques contre les symboles de l’Etat, commissariat(s), compagnies de Bus, et autres endroits saccagés , peut faire songer à une stratégie mise en place et étudiée.

    Qui commande qui ? Des manifestants violents  auraient été payés pour semer le trouble. Ne sachant pas à qui il a à faire (où ne le sachant que trop bien), les Services ont suspendus les moyens de communications. Opposition et Pouvoir semblent l’un et l’autre dépassés par la colère populaire.

    Pas qu’à Kinshasa

    A l’intérieur du pays également les manifestations de protestation se sont poursuivies : à Goma la police, Mbandaka dans l’Equateur et Bukavu dans le Sud Kivu ont connus des manifestations pacifiques, s’opposant, comme à Kinshasa, à la nouvelle loi électorale.

     

    Appels au calme

    Clément Kanku , député, appelle les Kinois à ne pas se livrer à des actes de vandalisme et il a déclaré qu’il était temps pour le gouvernement d’écouter la voix de la population.

    L’Union européenne et la Monusco ont exprimé leur préoccupation face au risque de déstabilisation du pays et surtout, l’archevêque de Kinshasa, Mgr Monsengwo  qui lance cette phrase  « ne pas tuer leurs concitoyens ».

    « Ces derniers jours » dit encore Monseigneur Monsengwo,   … « Kinshasa se trouve dans un état de siège incompréhensible, la population est en révolte… » tout en condamnant le projet de révision de la loi électorale actuellement examiné par le Sénat.

     

    Belle et Bonne Journée, Belles et Bonnes Lectures aussi !

     

     

  • Au coeur de l'Afrique ...

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    Masisi, Kivu, Goma, RDC, Kinhasa, Paul Kagamé, Joseph Kabila, Réfigués, Agression, Viols, Guerre, Barly Baruti,

     

    Dessin de Barly Baruti, texte de Dany Masson

    A Goma, terre noire, terre chaude, terre de cendres et  de vies. A Goma, ma sœur, A Goma, Au Nord Kivu dans la tourmente. Aux femmes, aux Enfants, Aux hommes, a Nos Frères et à Nos Soeurs qui fuient. A cette humanité abandonnée.  A Goma ville sœur, ville de transit, ville de commerces. A Goma, ville d’eau, ville plurielle. A Goma, ville de cris et de larmes.  A Goma où le son des canons ont remplacés le Chant des Tambours, Goma, Ô Ngoma !

    Il était en Virunga, des girafes, des vaches, des Gorilles, de Grands singes blancs aussi, de hauts eucalyptus, de grands baobabs et des bambous à perte de vue,  mille et une sortes qui faisaient la faune et la flore de nos grands espaces de nos hautes cimes accrochées au ciel bleu de nos aïeux.

    Nous pouvions lire aux lignes dessinées sur les pelages, comme aux lignes dessinées sur la paume des mains des hommes. L’avenir, la vie, la mort, l’amour, la chance et bien d’autres voies encore.

    Aujourd’hui, un ciel fauve, reflet du grand lac de feu éternel du Nyiragongo à la lave éternelle comme les neiges au dessus du Kilimandjaro. Le ciel fauve éclaire mes os qui dessinent des lignes de mort tout au long de mon long cou. Dans le Rift africain, dans les veines du parc de la Virunga, je suis lasse de cet ouragan de feu qui sèche les pluies de mon enfance.

    Le matin, là haut, au dessus des nuages, je tourne le cou à gauche, à droite ou au centre, les yeux vides se tournent vers la misère et la pauvreté  et des nuées pour linceuls. Ô  nature notre mère qui fit de nous des êtres et des hommes, où es tu ?

    Les balles et le cri des femmes, la recherche de l’Or noir, le sang de la terre, l’exploitation de la misère, ont remplacés dans le grand parc les longues cornes au lait de miel dont la vallée se réputait. Les vaches paissaient où maintenant les hommes et les êtres trépassent. Le pétrole remplace le caoutchouc sur l’autel de nos peines séculaires.

    Où sont les anges de nos ancêtres, les amulettes, les statuettes ?  Où est partie notre sagesse ? Où sont les anges, nos ancêtres ? Mes os ont froid sous ce ciel aux couleurs si chaudes. Sous ce ciel aux couleurs de sang les hommes sont comme des volcans.

    Comme le magma, les hommes s’infiltrent dans les fissures, éclatent  nos vies, écartent nos proches. Les lèvres de nos femmes ainsi percées s’ouvrent, tandis que les cris retentissent, sous le ciel de feu, le ciel de sang qui fait des hommes, des volcans.

    L’Okapi, mon frère, ne viendra pas en Virunga. Car ses yeux et son cœur pleurent au son des balles des lâches.

    Il était en Virunga, des paysans courageux, des femmes fières, belles, aux jambes longues et fines comme celles des gazelles. Il était en Virunga des girafes charpentées comme des tréteaux hauts marchant la tête vers le haut. Il était en Virunga la vie de notre beau pays et le Masisi pour grenier.

    Aux larmes citoyens succèderont les charmes retrouvés de nos mères. Pays, à mi chemin entre ère nouvelle au milieu de nulle part, nous émergerons par ton fleuve, par tes lacs et tes chemins, jeunes et vieux, nous te ferons beau, comme sur le pétrin, des ses mains, l’homme fait sont pain. Ô mon Congo, Ô Congo de nos aïeux.

  • R.D.C. Kinshasa, Victoire en chiffres défaite d'une politique ?

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    Bd Lumumba, Echangeur, Limete, Des estimations de votes, les premières tendances commencent à tomber. Les militants des différents partis recuiellent et propoagent les meilleurs scores  engrangés par leur poulain. Telle ville de telle région tombe. Les GSM aux oreilles un bout de papier, des chiffres, des noms de villes, des noms de candidats vites couchés sur le papier.

    Une première analyse, se jeter à l'eau sur base de ce qui est dit, sur base des premières tendances.

    On pourrait dire. "Vers une victoire en chiffres et la défaite d'une politique". Il faudra décrypter dans les jours qui viennent et ne pas aller trop loin avec ce dont on dispose en ce moment. Après tout, c'est le 6 décembre, jour de la Saint-Nicolas, que les résultats encore provisoires seront proclamés. 

    A ce jour, des partis récusent les résultats. Seuls deux candidats restent muets. Le Chef de l'Etat et Etienne Tshisekedi. Probablement certains d'avoir gagné chacun de son côté.

    A 9 heures, les Observateurs Electoraux Africains, SADEC, l'U.A. (Union Africaine),....  tiennent au Grand Hôtel de Kinshasa une conférence de presse pour rapporter le résultat de se qu'ils ont constaté durant le déroulement des élections du 28 novembre 2011 et d'hier.

     

    Bonne journée et bonnes lectures !

  • La vérité rien que la vérité ! De la sérénité aussi !

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    Rare,  mais  l'exception  confirme  la règle,  la publication

    en  entier  d'un  article à propos de la Région des Grands

    Lacs  Africains.  Cet article de Colette Braeckman auquel

    ce  blog et l'auteur souscrivent. Les mêmes questions, les

    même  inquiétudes.  Pourquoi maintenant ?  La fuite,  ses

    origines ne  devraient pas trop étonner ceux et celles  qui

    suivent assiduments la situation de cette région.Qui mieux

    que Colette Braeckman pour faire une synthèse, avoir une

    lecture de terrain ? Nous avons eu la chance de nous croisé

    sur certains. Ici, la tension monte. C'est regrettable. Rien ne

    sert aux uns et aux autres de surenchérir.

     

    Cette actualité,  est à suivre  de  près. Ce  qui  est ou sera

     publié et avalisé par l'ONU ne sera pas ce rapport tel quel.

    Quoi qu'il en soit, il  ne  doit pas laisser une  porte ouverte

     supplémentaire aux négationniste du Génocide de 1994.

     

    A tout prendre il sera peut être une monnaie d'échange qu'

    utilisera la France qui est de nouveau devant le dilemme de

    faire ou ne pas faire de commission sur le Rwanda et les

    événements de 1994.

     

     

    Bonne lecture et Bonne journée !

     

    colette.jpg

    Colette Braeckman : Crédit Photo Le Soir


     

    La  vérité due  aux  morts  et  les  intérêts  des   vivants


    Il n’y a pas de bonnes et de mauvaises victimes. Si l’on  veut

    que   la région des Grands  Lacs connaisse  un jour une  paix

    durable,  il faudrait que la lumière soit faite sur tous les crimes

    qui y ont été perpétrés, par les uns et par les autres,   que tous

    les morts, quel que soit leur groupe ethnique ou leur nationalité,

    puissent être pleurés sans contrainte et reposer en paix.   Mais

    il n’y a pas non plus de bonne et de mauvaise vérité et si l’ONU

    entend prendre la tête de l’exercice, elle doit aussi rappeler ses

    propres responsabilités :   l’abandon du   Rwanda, la protection

    humanitaire accordée à   des génocidaires en armes confondus

    avec les réfugiés,  l’incapacité de régler le  problème sécuritaire

    que leur présence représentait tant pour le Rwanda que pour les

    populations congolaises. Et, de nos jours encore, il faut déplorer

      l’incurie  des Casques bleus qui,   à Luvungi, n’ont pas  réussi, et

    peut-être pas tenté, de protéger 200 femmes congolaises violées

    systématiquement par des rebelles dont  la présence,   il importe

    de s’en souvenir, découle directement des évènements  de 1994

    et de la guerre de 1996-1998…


    Cela étant, à condition qu’elle aborde les causes autant que les

     conséquences, l’investigation menée au Congo est légitime, car

    elle  rend justice à ces millions de  Congolais qui ont été, à des

     titres  divers, victimes d’une guerre qui n’était pas la leur.  Mais

    elle est aussi explosive, car la publication du rapport risque de

     bousculer plusieurs gouvernements de la région : des éléments

    des forces armées rwandaises sont directement visés, mais des

     Burundais, des Ougandais, ainsi que des officiers congolais, hier

      membres des groupes rebelles, pourraient également être mis

    en cause.


    Pour être complet, le rapport devrait aussi mentionner les appuis

     internationaux dont bénéficièrent à l’époque les forces de l’AFDL

    ainsi que leurs adversaires. En effet, au moment des massacres

    de Tingi Tingi, des mercenaires serbes se trouvaient à Kisangani,

    recrutés  par  les Français et ils s’apprêtaient à faire leur jonction

    avec  les  combattants hutus qui   se servaient des  réfugiés civils

    comme de boucliers humains.


    En  outre,  les attaques  sur les  camps et la traque  des réfugiés à

    travers le Congo furent rendues possibles par des photos aériennes

     fournies par les Américains, tandis que les Canadiens faisaient tout

    pour décourager, au début de la guerre,  une intervention plus vaste

    de l’ONU.


    Autrement dit, il serait totalement injuste de charger uniquement

    les  gouvernements africains de la région, comme si  les Nations

    Unies et surtout les grandes puissances membres du Conseil de

    sécurité   n’avaient   pas été   activement  impliquées   dans   ces

    événements,   évènements   dont les peuples   de   la région des

    Grands Lacs allaient payer le prix durant des décennies.


    Après  quinze  années de  silence  obligé et   de  triomphe de la

    raison d’Etat, ce rapport, dont la fuite, inévitable mais   peut-être

    pas   fortuite,  apparaît  comme un pavé dans la mare, alors que

    les  gouvernements de la région commençaient enfin à se parler,

    à collaborer, à s’engager dans la reconstruction. Les intérêts des

    vivants, qui   aspirent à  la paix,   au développement,   pourraient

     entrer en collision avec la vérité due aux morts…


  • Le Nyamulagira crache sa lave

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    Le rapport du Centre de Recherches en Sciences Naturelles

    le (CRNS) de Lwiro , daté du 29 mars 2009 préconisait de

    prendre quelques précautions en rapport aux activités qui 

    avaient été enregistrées par les experts congolais de l'

    OVG, Observatoire Volcanologique de Goma dont le

    rapport avait fait l'objet d'une note dans ce Carnet le 8

    mai 2009 sous le titre, "Goma, les dangers des volcans".


    Samedi, le volcan Nyamulagira est entré en action. Situé

    à plus de 22 km de Goma, il n'en est pas moins dangereux

    pour la faune animalière, les Gorilles entre autres et la 

    forêt du Parc National de la Virunga un des joyaux que

    compte la planète, dans sa diversité. 


    Les agences de presses suivent les événements. Sauf en 

    France. La deuxième chaîne de France Télévision à bien 

    parlé d'une irruption. Celle du Piton de la Fournaise à la

    Réunion. Pas de celui du Nord Kivu. A croire que cette 

    région n'intéresse que lorsqu'elle livre ses charniers ou

    ses richesses. Mais trêve de polémiques et attendons les

    prochaines nouvelles.

     

    Une année 2010 qui commence dans la tourmente d'

    une catastrophe naturelle annoncée.

     

    L'espoir est que les conseils prodigués par les experts

    aient été entendu et que l'on sauve le maximum de ce 

    qui peut l'être. La route entre Sake et Goma n'est pas

    atteinte au moment de cette note. Elle pourrait l'être, d'ici

    17 jours selon les sources autorisées de l'OV de Goma.

     

    Toute notre attention va vers ceux et celles qui doivent

    lutter contre cette catastrophe en ce moment.

     

    Nyamulinga-congo
    Vue du Nyamulagira : Photo Agence de presse et Google. 

  • Le petit bout de la lorgnette

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    Par souci d'objectivité quant au discours du Président de

    la République. Voici un lien ci-dessous qui permet de se

    le télécharger en versin PDF. Ce lien a été mis en ligne

    par l'Ambassade de la R.D.C. à Bruxelles. 


    C'est donc de l'information directe qui permet de se faire

    son opinion sans passer par le petit bout de la lorgnette

    et les commentaires. 


    http://www.ambardc.eu/index.php?option=com_

    content&view=article&id=93:le-president-de-la-

    republique-a-prononce-son-discours-sur-letat-de-la

    -nation&catid=42:rokstories



    Bonne journée et bonne lecture !

     

  • Une réflexion en amnène ...

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    Une réflexion en amène une autre. Celle qui est sur

    le blog de ce matin confirme ce proverbe.


    Quand la loi redevient celle de la jungle,; c'est

    un honneur que d'être déclaré hors-la-loi. "

    Hervé Bazin


    Cette réflexion ramène à tord ou à raison

    à la déclaration de Goma, faites par le Chef

    de l'Etat dans la soirée du 30 juin 2009.

     

    PtJKabila_image_file_1526

    Le Présidant J. Kabila à Goma / Source Radio Okapi

     

     

    Que disait il entre autres ? ....


    "Il est temps que les opérateurs judiciaires

    choisissent leur camp ; celui de servir ou de

    martyriser davantage un peuple déjà meurtri

    et éprouver par plusieurs années de conflits

    et de violences. je ne doute pas du reste

    de tout le soutien  que la population apportera

     à ces mesures qui, dans le plus bref délai,

    contribueront à coup sure à garantir la justice et

    la sécurité judiciaire pour tous..."


    Depuis cette allocution et ce passage les gens

    parlent les journaux écrivent. Ca fait couler beaucoup

    de salive. Des actes sont demandés, un modèle,

    des suites.


    Ce jour la, un ami, me disait, "vous savez ici

    nous sommes dans la jungle"... et de rétorquer

    à son endroit, "n'avez vous pas, n'avons nous

    pas, de temps à autres, le devoir de sortir de

    cette prétendue jungle et de faire triompher le

    bon droit lorsque nous l'avons avec nous,

    rétablir  la vérité quand elle est la, criante à nos

    yeux et pas seulement  ?"


    Merci Hervé Bazin, de m'avoir permis de croire

    ne fut ce qu'un instant encore que cette idée n'

    est pas veine.


    Bonne journée et bonne lecture !

     

  • Goma, les dangers des volcans

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    Le Centre de Recherche en Sciences Naturelles, le

    CRNS en sigle, de Lwiro  Département de Géophy-

    sique dans un rapport daté du 28 mars 2009 et long

    de 14 pages, décrit les mouvements enregistrés au

    niveau de l'activité des Volcans Nyiaragongo et

    Nyamulagira.


    Le volcan Nyiaragongo se caractérise entre autres

    par sa proxilmité de zones à haute densité des

    population de part et d'autre de la frontière entre

    la R.D. Congo et le Rwanda voisin. Il est aussi un

    des plus rapide au monde avec une fluidité de sa

    lave qui lui permet de se répendre à une vitesse

    de plus de 40 km / heure. Ce qui le positionne en

    seconde position de dangerosité dans le monde.


    Ces deux volcans sont donc classés et répertoriés

    parmi des huit, les plus dangereux dans le monde.

     

    Que constatent les auteurs du rapport depuis le

    mois de janvier 2009 ?

     

    "Apparution des essaims des séismes purement

    volcaniques et cela de manière récurrente observés

    dans les stations de Bulengo et Rusayo."...


    "La présence d’un lac de lave très actif dans le cratère

    du volcan Nyiragongo  caractérisé par des fontaines

    de lave".....

     
    "Un panache important des gaz quasi permanent au

    dessus du volcan et polluant l’atmosphère. Ces gaz

    mélangés avec des eaux de pluies produisent  des

    pluies acides qui tombent sur les zones habitées."...

     

    Photo.000004.ipmeta


    Et biens d'autres indices répertoriés tout au long du

    rapport pourraient laisser prévoire une irruption dans

    un laps de temps encore inconnu mais proche. (NDLR)

     

    En guise de recommandantions les auteurs dudit

    rapport disent cici.

     

    "L'éruption du volcan Nyamulagira est imminente avec

    des conséquences directes sur la population et l'envir-

    onnement à l'Ouest de ce volcan. Il serait mieux que le

    service de protection civile de la Province du Nord et 

    l'Unité de Gestion des Risques mettent déjà en place

    les mécanismes nécessaires d'information en vue de

    prévenir cette population contre les épidémies consé-

    quentes et assurer la protection du bétail le moment

    venu.

     

    Que la MONUC qui a comme mission la protection de la

    population puisse appuyer l'OVG dans sa mission de sur-

    veillance des volcans actifs des Virunga comme par le

    passé.

     

    Il est souhaitable que l'Autorité Provinciale après exp-

    loitation de ce rapport puisse fixer l'opinion sur le déve-

    loppement de l'activité volcanique récente dans la région".

     

    Tout ceci risque de se compliquer encore, car les gens en

    général se méfient des prévisions. A tord ou à raison ? Les

    expériences de la vie font que certaines familles, ont, il y

    a deux ans et lors des précédentes allertes, laissés leurs

    biens et se sont déplacés. Il ne leur reste rien. Que le

    goût amer d'avoir perdu ce qui leur appartenait sur base

    des prévisoins des vulcanologues.

     

     

  • Luc Toussaint, Carnet de voyage, suite 7

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    Luc_Classe

     

    En réalité ce sont les notes issues du Carnet n° 4 de Luc.


    CARNET DE VOYAGE AU PAYS DES GRANDS LAC 2009 

     

     


    Par cette belle journée de soleil, c’est Bozi Boziana

    qui remplit l’espace de « L’Heure de Vérité » (CD

    de 2007) et mon regard par-dessus l’écran contemple

    l’étendue des eaux de la Meuse et de l’Ourthe à

    hauteur du jet d’eau près du pont de Fragnée. Je suis

    rentré au pays !

     

    Et j’écoute la guitare congolaise sur ma « bonne

    chaîne stéréo » à tout rompre. Ah ! la guitare

    congolaise, quel plaisir, quelle joie tu me donnes !

     

    C’est Franco et « L’OK Jazz » que je préfère, mais

    je ne peux me passer de Papa Wemba, ni de Pépé

    Kallé, ni de Zao….et de bien d’autres. Pour les

    amateurs de musique africaine des années 60 et 70,

    j’attire l’attention sur le fait que le petit magasin

          situé sur la rampe du Pont des Arches à 20 m

    des Olivettes - où l’on trouve toutes ces merveilles

     fermera ses portes définitivement fin de ce mois

     d’avril ! Il reste de bonnes affaires à faire comme

    on dit ici….

     

    Goma ! Que l’on y arrive par la route ou par les airs en

    hélicoptère, c’est d’abord et seulement le Nyiragongo

    qui captive et monopolise les yeux, puis les longues

    et larges coulées de lave aujourd’hui noire.

     

    Goma_vue_aérienne

     

    Oui, c’est cela, le volcan, impressionnant et majestueux,

    la tête dans les nuages du haut de ses 3 470 m. Il est là,

    omniprésent, il vit, il veille et la nuit ses émanations de

    fumées et de gaz rougeoient dans le ciel noir étoilé.

     

    Niyragongo001

     

    Autant la terre du Sud-Kivu et de Bukavu est rouge,

    autant à Goma, la terre est noire, les chemins, les bas

    -côtés de la route où subsiste un peu de tarmac, les

    bases des maisons faites de pierre de lave et tous les

    murets ainsi que de nombreuses cases et maisons.

     

    Coulée de lave Goma


    Nous prenons la route le long du Lac plein Ouest

    vers Minova, une route très encombrée et asphaltée

    à 60 %, non pas sur la longueur mais sur la largeur !

    Ce qui veut dire que les « nids de poules » ressemblent

    à des « nids d’éléphants » et que les bas-côtés se

    confondent à certains endroits au milieu de la chaussée.

    Mais il reste du tarmac et c’est appréciable.

    Sur cette route, c’est la guerre ! Des piétons, des vélos

    chargés comme des mulets et poussés par le cycliste,

    des motos-taxis,  des tchukudus, des combi Toyota

    transportant 22 à 25 personnes sans compter les sacs

    de farines, quelques poules et des cargaisons de feuilles

    de manioc sur les genoux des mamans, l’un ou l’autre

    camion surchargés de sacs en tous genres surmontés

    chacun par 25 à 50 voyageurs riants les cheveux au vent

    ……et des 4X4 souvent blanches des ONG.

     

    Les ONG, elles sont partout avec des 4X4 ! Souvent

    blanches, toujours pimpantes, avec de grosses antennes,

    des sigles et drapeaux : UNICEF, MSF, OXFAM,

    CARE, CROIX ROUGE etc sans oublier les convois

    de la Monuc, tantôt avec des véhicules militaires

    peints en blanc, tantôt comme tous les autres, en 4X4

    mais marqués UN !

     

    Niyragongo_0003

     

    Et tout ce monde, tous ces usagers déambulent, klaxonnent,

    crient, s’écartent, ne s’écartent pas, freinent puis accélèrent,

    s’arrêtent sans le moindre signal, chargent ou déchargent

    les passagers, et à droite de cette route en pagaille,

    tranquille en apparence, le Nyiragongo observe en silence

    ……pour le moment !

     

    VéloTransport


    Nous venons de parcourir 10 km, pas d’accident, aucun

    accrochage, la densité des usagers a diminué mais

    l’occupation de la route par les piétons et les vélos poussés

    ne se réduit pas. Il faut maintenir la vigilance d’autant que

    l’on peut enfin dépasser les 20 km/h.

     

    Les maisons de pierre de lave laissent progressivement la

    place à des cases et l’habitat de plus en plus clairsemé laisse

    la place aux hautes herbes, aux champs de canne à sucre,

    aux bananiers et autres plans de maïs puis, tout d’un coup,

    un champ de cabanes faites de branchages et coiffées d’une

    bâche de plastic apparaît. Il s’agit d’un camp de réfugiés,

    de déplacés par les combats au Nord-Kivu.

     

    En ce moment, le nombre de déplacés varie de 150 000 à

    200 000 pour la seule région de Goma.

     

    Camp_de_déplacés2

     

    Un mot à propos des tchukudus de Goma. Il s’agit de grands

    « vélos-trottinettes » en bois de conception et construction

    strictement locale. Je n’en ai vu nulle part ailleurs au Kivu.

    Ils servent à tout transporter mais principalement les sacs

    de farines et autres marchandises de poids, l’utilisateur le

    pousse en le soutenant sans « monter dessus ». Il faut

    rappeler que l’on ne voit pas de charrettes à bras (très rares

    exceptions), ni de chars ou remorques tirées par des

    animaux : les marchandises et l’eau sont transportées

    essentiellement par les femmes (et les filles) sur la tête ou

    le dos, plus rarement par les hommes et adolescents avec

    des vélos ou des tchukudus. 

     

    Tshuduku_Goma


    Camp de Mugunga :

     

    Comment expliquer ? Comment décrire ? Les émotions

    sont tellement fortes. Les sentiments explosent, suis-je

    « Au cœur des ténèbres » ?

     

    J’entre dans le camp situé entre la montagne et la vie, 

    la vie c’est la route longeant le lac, la route c’est le lien

    avec le monde : le monde des hommes qui circulent,

    vont et viennent, transportent des marchandises, du

    charbon de bois, des fruits et des légumes…..

     

    Dans le camp, je vois d’abord la nudité du sol noir,  la

    poussière de lave, l’alignement des cabanes de branchages

    surmontés d’une bâche de plastic, les « carrés douches et

    sanitaires » tamponnés OXFAM, puis des visages apparaissent.

     

    Les mamans se retournent, me fixent, je dis« Djambo »,

    « Bonjour », les enfants accourent, la vie surgit de partout.

    En un instant je suis entouré, mon chauffeur-guide-traducteur

    me suggère de rencontrer les chefs du camp. Après 5 minutes

    de recherches, des mamans m’encerclent et me dévisagent.

    En une minute, 30 personnes forment un cercle, des mamans,

    des papas, des enfants, l’un parmi eux me prend un doigt

    de la main. Ils sont 100, peut-être plus, et des dizaines d’enfants

    partout à hauteur de mes cuisses, partout et encore plus, mes

    doigts sont trop peu nombreux !

     

    Ils habitent là depuis longtemps, oui ils reçoivent des vivres

    distribués par les ONG : ration de haricots, ration de farine

    de manioc, ration d’huile de palme, ils ont de l’eau mais pas

    de légumes ni de fruits, pas même des oignons, ni des bananes

    ……Pour se procurer des légumes, il faut soit vendre sa force

    de travail aux villageois, soit aller chercher du bois de chauffage

    dans la montagne. Mais le chef du camp a prévenu, dans la

    montagne c’est l’insécurité, des femmes du camp ont été

    malmenées et violées !

     

    Selon certaines informations, les ONG réduisent progressivement

     l’approvisionnement en nourriture afin d’inciter au retour.

     

    En quittant le camp, mon chauffeur-guide-traducteur me racontera

    la conversation entre des enfants me tenant un doigt : un garçon

    de 6 à 8 ans dit autour de lui « C’est mon Blanc », et une petite

    fille de lui répondre « Si c’est ton Blanc, dis-nous combien tu

    as payé pour l’avoir ! ».

     

     

    Hôpital de Kirotche :

     

    A une heure de Goma sur la route de Minova, se trouve

    l’hôpital de Kirotche, l’ONG « Médecins Sans Frontières »

    y est très présente et active. C’est pourtant un établissement

    hospitalier classique de 200 lits, pourquoi visiter celui-ci !

     

    Il se trouve très proche des zones de combats et des exactions

    des FDLR (composés principalement des Hutus rwandais

    génocidaires réfugiés en RDC depuis 1994 grâce à la protection

    des soldats français de l’Opération turquoise), il compte parmi

    ses patients 8 blessés par balles. C’est prioritairement ces

    victimes qui seront rencontrées.

     

    Centre d'accueil


    Toutes sont originaires des mêmes villages situés à environ

    140 km, toutes sont arrivées par leurs propres moyens, soit

    à pied, seules – quatre jours de marche – soit secourues par

    des villageois (en relais) et transportées sur des civières faites

    de bambou et bananiers, toutes sont blessées par balles,

    parmi elles deux enfants de moins de 10 ans.

     

    Toutes ces victimes sont hors de danger, mais il faudra des

    soins de plusieurs semaines voire de plusieurs mois pour

    certaines d’entre elles. Mais pourquoi la Monuc (section

    « Droits de l’Homme) se déplace-t-elle pour ces victimes

    en particulier ? Tout simplement parce que, comme les

    prisonniers, les patients hospitalisés ne sont pas nourris par

    l’institution qui les héberge ! En effet, au Congo comme dans

    la plupart des pays africains, ce sont les familles qui nourrissent

    les patients ! A la condition qu’elles soient informées du lieu

    de l’hospitalisation et qu’il y ait proximité !

     

    Depuis ma rencontre avec cette réalité, je n’ai toujours pas

    très bien compris comment « MSF » n’a pas encore trouvé

    le moyen de nourrir les patients dont les familles sont

    éloignées et souvent ignorantes de la situation de leurs

    proches. Dans ce cas-ci, chaque victime reçoit 20 dollars

    US par semaine pour se nourrir.

     

     congo couverture

     

    Au travers de ces Carnets qui relatent en partie ma

    découverte du Pays des Grands Lacs, j’ai tenté de

    décrire mes aventures, d’exprimer mes sentiments

    et mes émotions.

     

    Mais ces relations sont évidemment très subjectives,

    tronquées, elles n’ont nullement pour objet de présenter

    ni le Kivu, ni le Congo de façon équilibrée et encore

    moins complète…

     

    Il existe dans toute bonne librairie de très nombreux

    ouvrages sur le Congo et les pays des Grands Lacs

    (Burundi, Rwanda, Ouganda, Tanzanie), je me permets

    d’attirer l’attention sur quelques-uns d’entre eux :

     

    Un ouvrage récent, un document remarquablement illustré

    de centaines de photos et d’informations tant sur l’histoire,

    l’architecture, la culture et les arts, l’économie, la faune…

    de ce grand pays que j’aime et qui me passionne :

    « Congo Pays magnifique » d’Alain Huart et Chantal

    Tombu aux éditions Weyrich africa (en rayons chez Pax

    et à la Fnac).

     

    Niyragongo_002

    Dans un tout autre registre, il faut lire les nouvelles de

    « Bibish », il s’agit d’une journaliste et écrivain de Kinshasa :

    « Samantha à Kinshasa » par Marie-Louise Mumbu aux

    éditions Le Cri et Afrique éditions.

     

    A ne pas rater non plus, le dernier film de Thierry Michel

    « Katanga Business » actuellement sur les écrans et

    notamment au cinéma Le Sauvenière à Liège.

     

    katanga-business-photo-affiche
        


  • Luc Toussaint, Carnet de voyage, suite 6

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    Luc_Classe

     

    Carnets de voyage au Pays des Grands Lacs 2009 .

     

    Bukavu:


    Bukavu, grande ville de 800 000 habitants, est construite

    sur les bords du lac Kivu et particulièrement sur les 5

    promontoires ou presqu’îles et les multiples collines et

    pentes du massif qui s’élève jusqu’à 2000 m. Elle est ville

    frontalière avec le Rwanda et le Burundi et donc un centre

    d’échanges et de commerce important.

     

    Bord du Lac Kivu

     

    L’ancienne ville coloniale est évidemment construite sur

    les bords du lac, de nombreux immeubles subsistent un

    peu partout : villas, hôtels, écoles, casernes, palais de justice,

    bâtiments communaux, PTT, prisons et des édifices religieux

    catholiques dont  des églises, lycées, écoles techniques,

    monastères et le splendide site des Pères jésuites d’Amani à

    la pointe de la plus belle des presqu’îles, juste en face des

    vertes collines du Rwanda. Bukavu compte également une

    mosquée et de nombreux temples évangélistes…..

     

    Mosquée Bukavu

     

    La Compagnie de distribution d’eau a 18 000 abonnés ou

    compteurs, ce qui représente vraisemblablement une population

    de 150 à 200 000 habitants desservis en eau alimentaire de

    façon discontinue (plusieurs coupures et chutes de pression

    importante chaque jour). Il s’agit d’une eau de ruissellement

    traitée dans une station d’épuration située à 5 km du centre

    ville. Selon les informations recueillies auprès d’un membre

    de la Coopération belge spécialiste de  l’eau, les montagnes

    qui bordent la ville disposent d’énormes nappes aquifères

    d’une eau d’excellente qualité ! Bukavu ne manquera jamais

    d’eau alimentaire pour peu que l’on exploite ses richesses.

     Place de Bukavu


    En ce qui concerne l’électricité, la situation présente n’est pas

    plus favorable. Les privilégiés disposent de groupes électrogènes

    fonctionnant au fuel (pollutions sonore et atmosphérique) et

    peuvent ainsi ne pas trop souffrir des coupures de fourniture

    d’électricité (très nuisibles pour les ordinateurs et autres matériels

    sophistiqués). Exemple ce vendredi matin dans un quartier très

    privilégié: électricité à 6 h 30 puis coupure à 8 heures, pas de

    pression dans l’eau alimentaire suffisante pour la douche !

     

    La température en journée varie entre 24 et 28 degrés la journée

    (rarement 32 !) et il faut être à 2 000 m d’altitude par temps de

    pluies pour connaître 19 degrés. Le soir, il faut se couvrir

    légèrement, petit vent et 21 degrés.

     

    Vélos Tshukudu Goma
     

     

     

    La prison générale de Bukavu :

     

    Le bâtiment construit à 100 m du grand carrefour de l’Indépendance

    (actuellement en travaux avec des buldozers et engins de chantiers

    conduits par des Chinois) est imposant comme toute prison. Dès

    que l’on se trouve à l’intérieur, la situation est toute différente !

    Plus rien ne s’impose sinon les cris et interpellations des prisonniers

    dans la cour centrale. Il faut dire que les 840 prisonniers présents

    lors de notre visite sont livrés à eux-mêmes. J’accompagne le

    responsable de la Division Droits de l’Homme de la Monuc, mon

    ami Luc Henkinbrant, juriste verviétois, ancien Directeur d’Amnesty

    International Belgique et expert ONU depuis de nombreuses années

    en RDC. Le directeur de la prison dira lors de notre réunion de

    travail que lorsqu’il doit se rendre à l’intérieur de l’établissement

    pénitentiaire, il lui arrive d’uriner dans son pantalon (texto). En

    effet, des 8 gardiens et militaires chargés de la sécurité, aucun

    n’entre dans la prison. Les prisonniers sont donc totalement livrés

    à eux-mêmes et les plus forts font la loi ! De plus, il n’y a pas de

    cuisine centrale équipée et pas de service repas. La plupart du temps,

    ce sont les familles qui viennent porter nourriture au détenu,

    cependant fréquemment, la population carcérale connaît la diète,

    faute de livraison de nourriture par les autorités. Le directeur nous

    demandera d’être son porte-parole auprès des autorités supérieures

    afin d’améliorer cette situation qui génère des mutineries et des

    évasions parfois massives telle celle du 18 avril 2008 : 184 évadés

    dont des condamnés pour meurtres et violences sexuelles.

     

    La visite d’un responsable de la Monuc  a pour objectif d’informer

    le ministre de la Justice de la situation et particulièrement du fait

    que des condamnés dangereux et des délinquants sexuels s’évadent

    trop souvent, ce qui augmente aux yeux de la population, et des

    intéressés eux-mêmes, le degré d’impunité, augmentant d’autant

    l’insécurité des populations et particulièrement des femmes

    victimes de violences sexuelles.

    Prison
     


    Parmi les nombreuses propositions présentées par la Monuc pour

    améliorer la situation, il faut mentionner l’ouverture de «  fermes

    pénitentières » afin d’occuper et nourrir correctement les détenus.

    Hélas, toutes les propositions ne sont pas suivies d’effet, sauf

    peut-être pour celle de Kabare. Nous nous y rendons le jour même.

     

     

    La prison de Kabare dans la commune de Bagira :

     

    Bagira est une des 3 communes qui composent Bukavu, elle

    est construite sur les versants montagneux dominant le lac.

    Les urbanistes et architectes de l’époque coloniale ont

    parfaitement aménagé l’espace montagneux et construit de

    sorte que la vue sur le lac ou les montagnes environnantes

    soit imprenable. Grande place centrale en carré avec la

    maison communale, le cinéma, le magasin et les maisons

    mitoyennes, serrées les unes contre les autres comme dans

    les cités ouvrières des charbonnages et usines de Wallonie,

    sans oublier les grosses bâtisses des directeurs et autres

    cadres et ingénieurs ! Tout ce bâtit est  très délabré et parfois

    purement et simplement abandonné pour les plus isolés.

     

    Pour atteindre la prison, il faut poursuivre la montée par cette

    route de terre rouge que seul un 4X4 peut parcourir, à la

    condition que la pluie très fréquente ne l’ait pas rendue

    glissante et par conséquent impraticable (la terre argileuse du

    Kivu se transforme en boue savonneuse très glissante à chaque

    pluie).

     

    La prison de Kabare, située en milieu rural, est entourée de

    terres agricoles et dispose de possibilités pour du petit élevage.

    Mais, si la prison a été rénovée récemment avec des moyens

    belges et européens, la mise en pratique de la proposition

    Monuc est au point mort.

     

    La prison a d’ailleurs été réduite de 70 détenus ce matin même

    sans que la direction ne puisse exposer une explication claire.

    Il semble que les autorités policières, qui avaient procédé à

    des rafles de jeunes sur les marchés deux jours avant la visite

    du président Kabila, aient enfin cédé aux pressions d’ONG

    et de la Monuc, les arrestations ne reposant sur aucun fait

    pouvant justifier un emprisonnement. Les personnes arrêtées

    de façon totalement illégale, pour la plupart des jeunes de

    moins de 20 ans, ont séjournés en prison une semaine entière,

    quasiment sans nourriture, les familles concernées n’ayant

    jamais été informées du lieu de détention ! 

     Prison Kabare

    En route pour Goma :

    Et voici un nouveau périple avec déplacements en hélicoptère

    et bateau, visites d’un hôpital soignant des civils blessés par

    balles, d’un camp de 50 000 déplacés et de la ville de Goma

          550 000 habitants - envahie par 5 000 taxis-motos….

     

    Mais bien sûr, va encore falloir que j’explique où est Goma,

    qu’un volcan la domine et l’envahit régulièrement de coulées

    de laves etc…..

    Ok !  Mais comme je suis persuadé que la plupart d’entre vous

    ont ouvert leur atlas, que certains en ont même acheté un

    nouveau et que tous les autres sont allés sur Google Earth et

    qu’ils ont tout vu et tout compris, je vais être très bref (sic).

     

    Vélo Tshukudu chargé

     

    Camp Mugunga Goma

     

     

  • Vu Skynet... SOS GOMA

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    Article repris comme tel sur la toile dont le lien

    est en dessous du texte.


    Ces derniers mois, la région du Kivu, à

    l’Est de la République Démocratique

    du Congo a été le théâtre des massacres

    et de violences graves contre la population

    civile. Selon les dernières estimations

    du Haut Commissariat des Nations

    Unies aux Réfugiés (UNHCR), on compte

    plus de 142.000 personnes déplacées

    dans 6 camps du Haut Commissariat

    à proximité de la ville Goma. Les

    conditions de vie de ces déplacés

    sont extrêmement difficiles.


    Face à ce drame humain, la Ville de

    Bruxelles et le Collectif d'associations

    de la communauté congolaise de

    Bruxelles piloté par Pakita's House asbl,

    organisent une vaste Opération humanitaire

    dénommée "SOS GOMA". Les bruxellois et

    les habitants des communes environnantes

    sont invités à poser un geste de solidarité

    en venant déposer des vêtements propres

    et pliés, des chaussures, des vivres non

    périssables, des médicaments ne

    nécessitant pas d’ordonnance, etc. au

    1er étage des Bains du Centre, sis 29,

    rue du chevreuil, 1000 Bruxelles, et ce

    du 2 janvier 2009 au 28 février 2009.


     Les permanences sont assurées :

    - les lundis, mardis et samedis de 9h à 12h

    - les jeudis et vendredi de 14h à 17h

    http://sosgoma.skynetblogs.be/post/6595368/

    soyons-solidaires#commentform

  • Goma, un symbole

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    Après la chute du camp de Rumangabo au

    Nord Kivu, durant le week-end, la population

    s'en est prise lundi 27 octobre à la Mission 

    Onusienne au Congo.


    Il est vrai que les habitants de Goma n'ont

    pas pour vocation d'être "des martyrs" et

    que dès lors, leur révolte devient compréhensible

    et prend valeur de symbole, face à une totale

    incompréhension de la situation qui entraîne 

    dans son sillage plus de 1 200 000 personnes 

    à se réfugier ailleurs dans des conditions que 

    l'ont peut facilement imaginer.


    Qu'est ce à dire ? La MONUC est une mission de

    Paix destinée à faire respecter les accords passés

    entre les différentes factions et le Gouvernement de

    Kinshasa. La prise du Camp de Rumangabo et les

    véléités d'avancer sur Goma font désordre. C'est le

    moins que l'ont puisse dire.


    Dès lors, des réactions en cascades et non des 

    moindres, prennent valeur de symbole.


    Symbole du raz-le-bol de plus en plus clair des

    populations constament prisent entre deux feux.


    Symbole du raz-le-bol du Général des forces

    militaires de la MONUC, ponctué par sa démission.


    Symbole d'une presque impossibilité à prendre 

    les décisions qui s'imposent.


    Le général espagnol Vicente Diaz de Villegas,

    en présentant  sa démission, semble vouloir

    attirer l'attention de tous face à sa  mission, avec des

    moyens entre autres humains démotivés,  incapables

    de s'engager dans la bagarre, de sécuriser les

    frontières ou de s'engager aux côtés des FARDC,

    lorsque celà est nécessaire. 


    Symbole, peut être, que cette attitude du Général

    qui n'a pas vraiment envie de finir ses jours avec

    les mêmes cauchemards que ceux du Général

    Roméo Dallair à qui on a reproché de na pas

    avoir désobéi aux ordres au moment le plus crucial

    du Génocide perpétrer en 1994 au Rwanda.


    Parions que ces différents actes auront valeurs

    des symboles, de paix et de responsabilités chez

    les décideurs.


    Réfugiés8Goma82008
    Photo : AP in Le soir 

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