leopodville

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    Le Carnet de notes devient interactif. C’est çà le web.
    Dans un des commentaires reçus, il m’est demandé
    de préciser les événements survenus en 1959 lors des
    émeutes de Léopoldville.

    Ca me parait pertinent et même si ce n’est pas une règle
    de cette toile, nous allons tenter de répondre à notre
    lecteur, plutôt de replacer dans son contexte le Congo
    du début de l’année 1959

    En 1959, le Congo est toujours sous la tutelle des Colons,
    de ci et de la, des revendications d’indépendances montent.
    Dans ce cadre, l’ABAKO, Alliance du Bas Congo, devait
    tenir un meeting. Il est annulé (interdit) tardivement par
    l’autorité coloniale.

    Joseph Kasa-Vubu, président de l’ABAKO est arrêté, le 12
    janvier, il sera libéré le 14 mars 1959. Pour rappel c’est M.
    Jospeh Kasa-Vubu qui deviendra le premier Président Congolais.

    L’ABAKO avait pour revendication de rétablir l’ancien Kongo
    (ancien royaume sous les portugais). Cette revendication allait
    même jusqu’à, une indépendance des Bas-Congo et Bandundu
    avec Brazzaville et une partie de l’Angola.

    En 1957, des élections partielles limitées aux grandes villes
    Avaient été organisées, l’ABAKO triompha à Léopoldville.

    Cette victoire impressionna certains unitaristes et provoqua
    l’émergence de nouveaux mouvements, pour un Congo .
    plus unitariste. Parmi eux, P. Lumumba, Kalonj, mais aussi
    Moïse Tshombe au Katanga et… Antoine Gizenga avec le
    Parti Solidaire Africain.

    L’indépendance est dans toutes les bouches, mais sous des
    formes, et des géographies différentes. Les uns pour tout de
    suite, les autres pour une transition plus longue et plus large.

    Un plan de 30 ans pour l’émancipation de l’Afrique rejeté
    par l’ABAKO, (1956) avait séduit en partie les gens qui
    parlent Lingala et de l’Equateur, (Ceux d’en haut comme on
    disait), par rapport aux habitants du Bas-Congo et du Bandundu
    (ceux d’en bas).

    Ce sont donc les premières années de combats idéologiques
    et de maturation politique entre les « fédéralistes » et « unitaristes »
    congolais, qui voient le jours. Ceux aussi d’un démocratie naissante,
    pour les négociations à venir.

    C’est sur fond de revendications diverses et surtout de décolo-
    nisation inévitables, qu’éclatent les émeutes et par conséquent les
    massacres de janvier 59.

    L’indépendance partielle, l’indépendance totale, le fédéralisme,
    l’intransigeance coloniale à négocier la mise en place des
    institutions pouvant mener à l’indépendance du Congo.

    Tout y est ! Le cocktail est explosif. Sans compter les Mouvements
    de libérations qui voient le jour, tout azimuts, soutenus par l’Union
    Soviétique. Et oui, çà existait à l’époque. Les blocs, Est-Ouest, la
    bipolarisation économico-politique, « la guerre des blocs », comme
    on disait. Mais aussi « la guerre froide »

    La suite, les événements se précipitent. Les belges comprennent
    que le mouvement est inéluctable, entre autres, la France s’empêtre
    en Algérie, et la population française se retourne contre le
    pouvoir colonial.

    Le 13 janvier 1959, le Roi Baudouin, affirme sa résolution de
    Mener le Congo belge à son indépendance.

    La table ronde avec les principaux leaders politiques congolais
    pouvait se tenir. Seul hic, Patrice Lumumba, toujours emprisonné
    devra être libéré sous la pression des autres négociateurs.

    L’indépendance sera fixée pour le 30 juin 1960.