luc toussaint

  • L'échevin des produits wallons dans les ananas

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    Luc Toussaint, c'est une personnalité, des slogans,

    des idées qui font mouches et des projets qui se

    concrétisent.


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    Crédit Photo : Luc Toussaint.


    C'est peut être une aubaine qu'il jette son dévolu

    sur ce coin de terre, à l'Est de la R.D.C. en bordure

    du Lac Kivu ? Parce qu'il s'installe notre Luc. 


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    Crédit Photo : Luc Toussaint.

     


    L'homme des slogans... "Je fais du Liège vitrine", 

    "Je vais au marché" ou "Passe par Liège on à le

    coeur sur la Meuse", le rendent populaire mais au

    delà, il capte les initiatives et les entreprises qui

    veulent investir dans le renouveau de la région de

    Liège. Un des ses hauts faits, l'abattoir public de

    Liège et la création de 700 emplois et la réalisation

    de plus de 200 millions d'Euros de chiffre d'affaires.


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    Crédit Photo : Luc Toussaint.

     


    Affaires économiques et culture ont toujours été ses

    moteurs de vie. "Du Rock et du boulot". Et il s'y

    tiendra à ses promesses.


    Il ne serait pas inattendu qu'il nous sorte un de

    ses jours, un beau mot pour la culture des ananas,

    du manioc, ou de la patate douce.


    Luc Toussaint, un type à l'air de Dandy, la barbe

    grise au menton, un chapeau à la Indiana Jones, 

    ne vous fiez pas à son look, écoutez le plutôt.


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    Crédit Photo : Luc Toussaint.

     


    En une année, il fait parler de 3Tamis, de l'agence

    Espérance, de la vie des villageois, de la vie des

    petites gens et des communautés de pêcheurs, d'

    agriculteurs, d'éleveurs. Du commerce équitable, 

    de l'Ecotourisme. Un regard neuf, mais pas naïf,

    il donne à voir une autre réalité dans les Kivu que

    celle qu'on nous donne à voir dans les médias.


    Il positive sans transfigurer la réalité. Pas dupe

    il sait qu'il ne suffit pas d'avoir du bagout et un

    beau chapeau pour réussir. il sait que l'exotique,

    c'est lui,ici, dans cette région, dans ce pays.  

    Il donne un coup de main à une association de 

    plus de 250 cultivateurs, qui travaillent sur 150 Ha

    de terre. S'il s'investit ce sera ... 

     

    A Suivre ! 

     

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    Crédit Photo : Luc Toussaint.

     


    Bonne journée et Bonne lecture. 

     

  • Luc Toussaint, Carnet de voyage, suite 7, Carnet 6

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    Luc_Classe

     

    Carnets de Voyage au Pays des Grands Lacs 2009

    n° 6 mai 2009




    Non je ne suis pas soûlard !


    Ce soir, c’est avec Zao que je danse et que je chante « Non

    je ne suis pas soûlard » et « Patron » puis son succès le plus

    connu « Ancien combattant » que j’ai entendu la première

    fois dans une discothèque de Bamako en 1983 puis que j’ai

    retrouvé avec à DJ Gisèle en Roture le vendredi soir quelques

    années plus tard.

     

    Anciens combattants
    Zao à Paris en spectacle


    Zao, auteur compositeur interprète, Congolais de Brazza, il

    est une de mes portes d’entrée en Afrique, une entrée en

    fanfare par le Mali et le fleuve Niger –à lire ou relire « Water

    music » de T-C Boyle.  C’est le 20 novembre 1983 que j’ai

    quitté Orly pour Bamako, un exemplaire de Libération

    sous le bras : Reizer est mort ! Lui aussi, à sa manière,

    m’a donné une clé d’entrée pour le monde et pour l’Afrique.

    Merci l’ami, avec Coluche, Desproges et bien d’autres, vous

    m’avez permis de conserver la curiosité, l’envie et

    l’enthousiasme de la découverte de l’autre, avec amour,

    respect et humour.



    Non je ne suis pas soûlard et pourtant j’en suis déjà à mon

    troisième Ouzo !


    Les ouzo sont déjà loin, oubliés….



    Sécurité routière !


    Je reprends l’écriture en cette journée pleine de soleil et de

    poussière, mercredi 10 juin !


    Il faut que je l’écrive clairement car les choses ont changé

    depuis 2 mois à Bukavu !

     


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    Le rouge de la région et les poussières suivront

     

    Oui, et c’est très perceptible pour moi qui ai recours aux

    taxis collectifs 2 à 3 fois par jour (350 FCongolais la course,

    soit un peu moins qu’un demi-dollar. Le change est de 1 US

    dollar pour 800 FC les bons jours !). Ils roulent plus vite et

    cela occasionne des scènes nouvelles et inédites depuis 30

    ans ! Je m’explique. Les travaux de rénovation d’une des

    artères principales progressent bien. J’écrivais en avril qu’il

    y avait quelques centaines de mètres (300 m maxi) de rues

    asphaltées seulement et que le chantier était ouvert depuis

    plus de 7 mois. Aujourd’hui, on peut voir une réelle évolution

    car les véhicules, et notamment les taxis collectifs, peuvent

    passer la troisième vitesse et atteindre les 50 km/heure

    contre 10 à 15 auparavant sur un tronçon d’au moins 800 m !


    Mais quelle surprise ! J’évoque la surprise et la course subite

    et folle, que doivent entamer les piétons habitués depuis de

    très nombreuses années à traverser d’un pas tranquille les

    artères urbaines, au coup de klaxon heureux du chauffeur

    qui, enfin, fonce !


    La situation est d’autant plus périlleuse que la plupart des

    voitures et que la totalité des taxis collectifs ont la conduite

    à droite ! Bonjour les risques surtout en cas de dépassements !


    C’est le cas également au Burundi. En fait, les voitures

    achetées par 95 % des Nationaux proviennent de Dubaï,

    achetées en seconde main, à prix moindre.


    Oui, c’est bien cela. Mais que va-t-il se passer dans les tout

    prochains jours sur ce boulevard (800 m) traversé de toutes

    parts et sans cesse par des piétons qui n’ont pas encore

    intégré le fait que la vitesse des voitures s’était adaptée à

    l’existence du macadam ! Attention, danger ! Il va falloir

    rapidement que le Gouvernement lance une campagne de

    prévention des accidents à Bukavu. Il faut rappeler que

    plus de 80 % de la population n’ayant jamais connu leur

    ville avec des rues totalement en état, la campagne de

    prévention sera utile et concernera du monde !  Mais qui

    va lancer et financer cette initiative salutaire et humanitaire ?


    Je tends la perche aux amis pour la création d’une ONG

    chargée de la sécurité routière en RDC car il est évident

    qu’avec la construction d’un réseau routier normal, le taux

    de mortalité va monter en flèche dans toute la République.


    D’accord, je vous ai entendu dire en chœur « Mais qu’est-ce

    que tu attends pour agir, toi qui est sur place ? ». Je prends

    contact avec le Ministre de la Santé dès cet après-midi pour

    lui faire la suggestion ! Je suppose que 3Tamis – centre de

    création audio-visuelle et de reportages vidéo -  sera à la

    hauteur pour réaliser une série de séquences d’information

    et d’éducation à la sécurité routière, suivez mon regard…..


    La poussière !

    C’est la fin de la saison humide. D’après mes informations,

    la saison sèche commence à la mi-juin, c’est bientôt. Alors

    là, c’est très simple, pour rester présentable à la Belge, il

    faudrait changer de chemise deux fois par jour !


    Je repense à cette pub d’OMO, c’était au début des années 90,

    OMO avait perdu des parts de marché importantes par rapport

    à la concurrence d’ARIEL ! La campagne TV présentait des singes

    qui parlaient un langage inventé pour la cause (sic) : « Touti

    rikiki, maousse costo » puis une autre « Plus rokiki, big biscotto »

    …..et si j’ai une bonne mémoire, la fin de la campagne disait

    « OMO est là et crapoto basta ! ».… Je ne sais pas si OMO est

    distribué en RDC, je vais vérifier, mais il semble que ce serait

    la bonne idée : « Maousse costo » !


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    Devant la Pierre de la rencontre de Stanley et Livingstone

    avec Orphée


    D’abord, faut pas oublier ce que je vous ai dévoilé dans un

    carnet précédent :  si les coupures d’électricité sont fréquentes

    (bonjour les dégâts pour les ordinateurs et autres engins

    « sophistiqués » !), les chutes de pression d’eau sont aussi

    nombreuses. Bref, on n’est jamais certain, sauf tard le soir, de

    pouvoir prendre une douche !

     


    Mais de quoi il se plaint celui-là ! Il est en Afrique, au soleil,

    c’est-à-dire en vacances. C’est ce qu’il voulait ! D’ailleurs,

    pourquoi est-il parti, pourquoi a-t-il quitté Liège, cette ville

    ardente et merveilleuse, cette ville de la convivialité, cette ville

    où il fait bon vivre, cette ville qui rappelle à beaucoup

    « Le Carré », la fête, la guindaille, le plaisir et la joie de vivre !

    « Une ville à croquer ! » . Quoi ? Tu dis quoi ?


     
    Non ! Ce n’est pas le moment de me lâcher – quoique -,

    ce n’est pas le moment de dire pourquoi Liège, ou plutôt ses

    dirigeants m’ont ouvert une voie direct vers le cafard, une

    voie à six bandes de circulation vers le monde, pour oublier

    la tristesse, pour oublier la médiocrité, l’absence de projets,

    l’absence d’idées ! Non, je ne veux plus déprimer, je ne

    veux plus croiser ces gens qui n’ont aucune vision, ces gens

    qui voyagent sans voir, qui participent à des missions, qui

    assistent à des colloques, des congrès, des assemblées

    sans ouvrir des yeux curieux, sans ouvrir des yeux critiques

    sur le monde et sur « leur monde » !



    Bien, je me ressaisis et je suis positif !

    Et puis d’abord, vous les voyeurs – comme moi d’ailleurs -,

    avez-vous ouvert un atlas, avez-vous surfé sur Google Earth,

    comme je vous dit cent fois, pour découvrir la Région des

    Grands Lacs !


    Attention, « J’ai les noms ! » comme disait Coluche, « J’ai

    les noms » de ceux qui n’ont pas levé le petit doigt pour

    mieux comprendre ! D’ailleurs, ceux-là ne recevront plus ces

    Carnets ! Tant pis pour eux ! Le monde appartient aussi

    aux curieux, à ceux qui cherchent sans cesse, avec respect

    et humilité, avec conviction et enthousiasme, à ceux qui

    ont compris que tout reste à comprendre, à découvrir !



    Bien, l’Amarula sur glace agit ! « Etre Positif, il disait ! »

    C’est foutu !



    Et en plus ce soir, France 2 programmait l’excellent film

    «The Constant Gardener», à voir et revoir absolument !

    Bref, le cafard garanti à tous les étages.



    Mais revenons un moment à la poussière du Kivu et de

    Bukavu. Elle est partout et s’élève au fur et à mesure de

    la circulation grandissante du matin pour retomber quelque

    peu et remonter de plus belle à partir de 15 heures. Car ce

    n’est pas le vent qui soulève la poussière mais bien les

    véhicules à moteur qui parcourent les rues et routes sèches

    et rouges.

     

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    Toute la végétation devient brune et rouge, c’est selon le

    quartier ou plutôt selon la couleur de la terre. Même les

    grands arbres changent de couleur, et ce sera ainsi durant

    toute la saison sèche, soit jusqu’à la mi-septembre !



    A Bukavu, il faut avoir en poche deux GSM, parfois trois !

    mais çà ce sera pour la suite....

     

    Bonne journée et bonne lecture !

     

  • Luc Toussaint, Carnet de voyage, suite 6

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    Luc_Classe

     

    Carnets de voyage au Pays des Grands Lacs 2009 .

     

    Bukavu:


    Bukavu, grande ville de 800 000 habitants, est construite

    sur les bords du lac Kivu et particulièrement sur les 5

    promontoires ou presqu’îles et les multiples collines et

    pentes du massif qui s’élève jusqu’à 2000 m. Elle est ville

    frontalière avec le Rwanda et le Burundi et donc un centre

    d’échanges et de commerce important.

     

    Bord du Lac Kivu

     

    L’ancienne ville coloniale est évidemment construite sur

    les bords du lac, de nombreux immeubles subsistent un

    peu partout : villas, hôtels, écoles, casernes, palais de justice,

    bâtiments communaux, PTT, prisons et des édifices religieux

    catholiques dont  des églises, lycées, écoles techniques,

    monastères et le splendide site des Pères jésuites d’Amani à

    la pointe de la plus belle des presqu’îles, juste en face des

    vertes collines du Rwanda. Bukavu compte également une

    mosquée et de nombreux temples évangélistes…..

     

    Mosquée Bukavu

     

    La Compagnie de distribution d’eau a 18 000 abonnés ou

    compteurs, ce qui représente vraisemblablement une population

    de 150 à 200 000 habitants desservis en eau alimentaire de

    façon discontinue (plusieurs coupures et chutes de pression

    importante chaque jour). Il s’agit d’une eau de ruissellement

    traitée dans une station d’épuration située à 5 km du centre

    ville. Selon les informations recueillies auprès d’un membre

    de la Coopération belge spécialiste de  l’eau, les montagnes

    qui bordent la ville disposent d’énormes nappes aquifères

    d’une eau d’excellente qualité ! Bukavu ne manquera jamais

    d’eau alimentaire pour peu que l’on exploite ses richesses.

     Place de Bukavu


    En ce qui concerne l’électricité, la situation présente n’est pas

    plus favorable. Les privilégiés disposent de groupes électrogènes

    fonctionnant au fuel (pollutions sonore et atmosphérique) et

    peuvent ainsi ne pas trop souffrir des coupures de fourniture

    d’électricité (très nuisibles pour les ordinateurs et autres matériels

    sophistiqués). Exemple ce vendredi matin dans un quartier très

    privilégié: électricité à 6 h 30 puis coupure à 8 heures, pas de

    pression dans l’eau alimentaire suffisante pour la douche !

     

    La température en journée varie entre 24 et 28 degrés la journée

    (rarement 32 !) et il faut être à 2 000 m d’altitude par temps de

    pluies pour connaître 19 degrés. Le soir, il faut se couvrir

    légèrement, petit vent et 21 degrés.

     

    Vélos Tshukudu Goma
     

     

     

    La prison générale de Bukavu :

     

    Le bâtiment construit à 100 m du grand carrefour de l’Indépendance

    (actuellement en travaux avec des buldozers et engins de chantiers

    conduits par des Chinois) est imposant comme toute prison. Dès

    que l’on se trouve à l’intérieur, la situation est toute différente !

    Plus rien ne s’impose sinon les cris et interpellations des prisonniers

    dans la cour centrale. Il faut dire que les 840 prisonniers présents

    lors de notre visite sont livrés à eux-mêmes. J’accompagne le

    responsable de la Division Droits de l’Homme de la Monuc, mon

    ami Luc Henkinbrant, juriste verviétois, ancien Directeur d’Amnesty

    International Belgique et expert ONU depuis de nombreuses années

    en RDC. Le directeur de la prison dira lors de notre réunion de

    travail que lorsqu’il doit se rendre à l’intérieur de l’établissement

    pénitentiaire, il lui arrive d’uriner dans son pantalon (texto). En

    effet, des 8 gardiens et militaires chargés de la sécurité, aucun

    n’entre dans la prison. Les prisonniers sont donc totalement livrés

    à eux-mêmes et les plus forts font la loi ! De plus, il n’y a pas de

    cuisine centrale équipée et pas de service repas. La plupart du temps,

    ce sont les familles qui viennent porter nourriture au détenu,

    cependant fréquemment, la population carcérale connaît la diète,

    faute de livraison de nourriture par les autorités. Le directeur nous

    demandera d’être son porte-parole auprès des autorités supérieures

    afin d’améliorer cette situation qui génère des mutineries et des

    évasions parfois massives telle celle du 18 avril 2008 : 184 évadés

    dont des condamnés pour meurtres et violences sexuelles.

     

    La visite d’un responsable de la Monuc  a pour objectif d’informer

    le ministre de la Justice de la situation et particulièrement du fait

    que des condamnés dangereux et des délinquants sexuels s’évadent

    trop souvent, ce qui augmente aux yeux de la population, et des

    intéressés eux-mêmes, le degré d’impunité, augmentant d’autant

    l’insécurité des populations et particulièrement des femmes

    victimes de violences sexuelles.

    Prison
     


    Parmi les nombreuses propositions présentées par la Monuc pour

    améliorer la situation, il faut mentionner l’ouverture de «  fermes

    pénitentières » afin d’occuper et nourrir correctement les détenus.

    Hélas, toutes les propositions ne sont pas suivies d’effet, sauf

    peut-être pour celle de Kabare. Nous nous y rendons le jour même.

     

     

    La prison de Kabare dans la commune de Bagira :

     

    Bagira est une des 3 communes qui composent Bukavu, elle

    est construite sur les versants montagneux dominant le lac.

    Les urbanistes et architectes de l’époque coloniale ont

    parfaitement aménagé l’espace montagneux et construit de

    sorte que la vue sur le lac ou les montagnes environnantes

    soit imprenable. Grande place centrale en carré avec la

    maison communale, le cinéma, le magasin et les maisons

    mitoyennes, serrées les unes contre les autres comme dans

    les cités ouvrières des charbonnages et usines de Wallonie,

    sans oublier les grosses bâtisses des directeurs et autres

    cadres et ingénieurs ! Tout ce bâtit est  très délabré et parfois

    purement et simplement abandonné pour les plus isolés.

     

    Pour atteindre la prison, il faut poursuivre la montée par cette

    route de terre rouge que seul un 4X4 peut parcourir, à la

    condition que la pluie très fréquente ne l’ait pas rendue

    glissante et par conséquent impraticable (la terre argileuse du

    Kivu se transforme en boue savonneuse très glissante à chaque

    pluie).

     

    La prison de Kabare, située en milieu rural, est entourée de

    terres agricoles et dispose de possibilités pour du petit élevage.

    Mais, si la prison a été rénovée récemment avec des moyens

    belges et européens, la mise en pratique de la proposition

    Monuc est au point mort.

     

    La prison a d’ailleurs été réduite de 70 détenus ce matin même

    sans que la direction ne puisse exposer une explication claire.

    Il semble que les autorités policières, qui avaient procédé à

    des rafles de jeunes sur les marchés deux jours avant la visite

    du président Kabila, aient enfin cédé aux pressions d’ONG

    et de la Monuc, les arrestations ne reposant sur aucun fait

    pouvant justifier un emprisonnement. Les personnes arrêtées

    de façon totalement illégale, pour la plupart des jeunes de

    moins de 20 ans, ont séjournés en prison une semaine entière,

    quasiment sans nourriture, les familles concernées n’ayant

    jamais été informées du lieu de détention ! 

     Prison Kabare

    En route pour Goma :

    Et voici un nouveau périple avec déplacements en hélicoptère

    et bateau, visites d’un hôpital soignant des civils blessés par

    balles, d’un camp de 50 000 déplacés et de la ville de Goma

          550 000 habitants - envahie par 5 000 taxis-motos….

     

    Mais bien sûr, va encore falloir que j’explique où est Goma,

    qu’un volcan la domine et l’envahit régulièrement de coulées

    de laves etc…..

    Ok !  Mais comme je suis persuadé que la plupart d’entre vous

    ont ouvert leur atlas, que certains en ont même acheté un

    nouveau et que tous les autres sont allés sur Google Earth et

    qu’ils ont tout vu et tout compris, je vais être très bref (sic).

     

    Vélo Tshukudu chargé

     

    Camp Mugunga Goma

     

     

  • Luc Toussaint, Carnet de voyage, suite 5

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    Luc_Classe

     

    CARNET DE VOYAGE AU PAYS DES GRANDS LACS 2009

     

    A la rencontre des gorilles :

     

    Dans le monde aujourd’hui, 600 gorilles vivent en

    totale liberté dans leur milieu naturel, la moitié d’

    entre eux sont en Afrique centrale et particulièrement

    en RDC et au Rwanda.

     

    Ce dimanche matin 29 mars, j’en ai rencontré au

    Parc National de Kahuzi-Biega à 30 km de Bukavu,

    càd à une heure en 4x4.

     

    Ce parc national est grand de 6 000 km2 et situé

    dans un massif montagneux qui surplombe le lac

    Kivu, son altitude varie de 1 800 à 3 300 m. Il

    abrite de nombreux singes et parmi eux les gorilles

    des plaines orientales, des chimpanzés, des colobes

    (ou magistrats), mais aussi des antilopes, des buffles

    et des éléphants.

     

    Mon but de rencontre ce matin concernait les gorilles

    et seulement les gorilles qui depuis des années me

    fascinent. Le Kenya mais surtout l’Okavango au

    Botswana visité dans les années 90 m’avaient déjà

    enthousiasmé avec les très nombreux parcs abritant

    tous les animaux africains à l’exception des gorilles.

     

    En arrivant par une route humide et boueuse (orage

    toute la nuit et brouillard ce matin) à l’entrée du Parc

    national, ce sont d’abord les militaires très nombreux

    qui impressionnent !

     

    Des militaires des FARDC (Forces Armées de RDC)

    avec parmi eux probablement de nombreux CNDP

    (Congrès National Du Peuple) de Laurent Nkunda

    – actuellement en résidence surveillée au Rwanda.

     

    Ces ex CNDP sont intégrés dans les FARDC dans le

    cadre d’une opération vers le sud Kivu à la recherche

    et la poursuite des FDLR (Front Démocratique de

    Libération du Rwanda càd les Rwandais – militaires

    et interahamwe  qui se sont réfugiés en RDC, protégés

    par les Français de l’Opération Turquoise de fin juillet

    1994, il s’agit donc pour la plupart des auteurs du génocide

    des Tutsis d’avril à juin 94 : 600 000 à un million de morts).

    J’en suis conscient, ce n’est pas simple à suivre et encore

    moins à comprendre, mais c’est la réalité, celle qui rappelle

    les longues années de guerre qu’a subit le Congo et lui a

    coûté de 3 à 4 millions de morts par balles, épidémies, mal

    -nutrition.

     

    Aujourd’hui encore, l’Est de la RDC n’est pas totalement

    pacifiée, des troupes étrangères, des rebelles, des milices

    diverses sèment la terreur (viols, exactions, pillages, meurtres,

    tortures) et génèrent des dizaines de milliers de déplacés

    qui doivent se réfugier autour de Goma (150 000 déplacés

    actuellement). J’ai visité un hôpital soignant des civils

    blessés par balles et le plus grand camp de déplacés de

    Goma durant ces deux derniers jours, j’y reviendrai dans

    les prochains Carnets.

     

    Mais ce matin, j’étais à la fête, excité et en même temps

    un peu tendu ! Allais-je voir les gorilles ?  Ceux que j’ai

    vu au cinéma aux côtés de Sigourney Weaver interprétant

    le rôle de Dian Fossey. Ceux dont m’a parlé Pierre avec

    enthousiasme et un peu de mystère !

     

    J’étais surtout inquiet de rater la rencontre tant attendue

    et non de la présence de ces dizaines de militaires

    lourdement armés !

     

    C’est Lambert, le chef des guides qui va me conduire au

     « rendez-vous ». Il est en communication radio avec des

    pisteurs qui ont localisé un groupe. La rencontre est donc

    au programme, me voilà encore plus fébrile, plus curieux.

    Après un parcours de 15 minutes en 4X4 sur des pistes

    qui présentent des pièges et ornières boueuses et remplies

    d’eau de 40 cm, on entre à pied dans un sentier étroit,

    touffu, humide.

     

    Nous sommes à 2200 m d’altitude et mon équipement de

     marche n’est pas au top ! Les bottines des marches Adeps

    sont restées à Liège faute de place, le pantalon « Nature

    et Découverte » est trop léger mais l’excitation m’anime

    et, un peu naïf, je tente de rattraper le guide qui a déjà

    pris 50 m d’avance.

     

    Rapidement, les données sont claires, le terrain est humide,

    la végétation est tropicale, à certains moments, il faut se

    courber en deux pour avancer dans un espèce de tunnel

    de végétaux.

     

    Des branches griffent et giflent visage et chemise, des

    racines et troncs d’arbres ralentissent la marche, puis

    des piqûres aux mains me rappellent que la nature n’est

    pas toujours hospitalière. C’est à ce moment que le

    guide qui m’a attendu me conseille de rentrer les bas de

    pantalons dans les chaussettes car des fourmis

    agressives peuvent remonter sur les jambes !

     

    Et c’est là que je ressens une piqûre sur le ventre ! Et

    bien oui, des fourmis se promènent sur mon ventre

    et le torse, je n’ai pas rentré mes panneaux de chemises !

     

     Vite, éliminer ces intruses et reprendre la progression

     par ce sentier qui monte et me fait transpirer. Après 20

    minutes de marche, un deuxième guide - armé d’une

    machette - nous a rejoint et prend la tête. Encore 10

    minutes de marche puis j’aperçois 2 guides de plus, il

    s’agit des pisteurs, eux aussi armés de machettes et

    l’un d’eux porte fusil mitrailleur. Ce sont des pygmées,

    les meilleurs pisteurs de la forêt.

     

    Et 3 minutes plus tard, à environ 2 400 m d’altitude, dans

    une végétation abondante et haute, parmi des arbres

    immenses, sur une pente glissante, ils sont là !

     

    Je vois d’abord une femelle couchée sur le dos entourée

    de 3 jeunes bébés qui jouent et se battent. Incroyable !

     

    Gorille_en groupe

     Ils sont là, je suis là, à 5 mètres et ils ne portent aucune

     attention à ces 5 intrus qui débarquent devant eux. Je me

     fige et sors l’appareil photo sans attendre, de peur qu’ils

     ne disparaissent. Pas du tout, la mère fait la sieste, les

     bébés s’amusent comme si de rien n’était. Lambert

    m’invite à m’avancer pour mieux voir. Je suis à 4 mètres,

     mon cœur bat, mes yeux s’écarquillent et mon index

    actionne l’obturateur. Incroyable ! Je retrouve rapidement

    calme et sérénité et change d’optique pour placer le

    téléobjectif. Et voilà le « Canon » numérique et réflexe

    qui mitraille en gros plans. Quelques 20 clichés plus loin,

     le guide m’invite à faire deux pas à gauche et là, je

    découvre un amas de corps poilus, de pieds, de mains et

     des paires d’yeux de toutes tailles ! Mais de quoi s’agit-il ?

     

     Combien sont-ils et dans quelle position ? Il me faudra un

     long moment pour comprendre : le mâle est couché sur le

     dos les bras dissimulant son visage,  trois bébés, peut-être

     quatre sont couchés dans toutes les positions dessus et aux

     côtés ! Cet amas de corps est à 3 mètres de la femelle qui

     sommeille toujours, les premiers jeunes gorilles aperçus

    se sont éloignés et grimpent dans des arbres  en prenant

    des postures de show……

     

    Gorrile_amusé

    Dans le Parc National de Kahuzi-Biega, 10 groupes ou

    familles de gorilles sont recensées, celle qui est à « mon »

     rendez-vous est composée de Chimanouka, mâle de 24

    ans mesurant 1 m 80, de 17 femelles et des 13 bébés et

    enfants de 2 à 6 mois et de un à 5 ans. Trente et un individus

    composent cette famille qui se déplace en groupe, sans

    s’éloigner les uns des autres de plus de 50 mètres. Le soir,

    les femelles font chacune un nid, leur progéniture respective

    à leurs côtés, Chimanouka s’installe ensuite à son tour

    généralement, au centre ou en position stratégique de

    protecteur.

    Gorrile_tranquille


    Les gorilles ont une alimentation saisonnière, de janvier à

    mi-juin, les jeunes feuillages ont leur préférence, de mi-juin

    à fin août, ils montent dans des arbres bien précis pour y

    déguster les fruits et de septembre à décembre, ce sont les

    jeunes pousses de bambous dont ils raffolent. Mais attention,

    cette dernière nourriture provoque la diarrhée, ils doivent

    alors se nourrir d’un feuillage particulier pour interrompre

    la «  va-vite ».

     

    Depuis 10 minutes, je suis donc appareil photo à la main

    posté devant l’amas de poils, c’est alors que la femelle

    proche se décide à bouger, elle se lève, enjambe les paresseux

    et s’éloigne : encore 5 clichés puis l’attente reprend.

    Gorrile_a l'affut 

    Chimanouka daignera interrompre sa sieste enfin et prendra

    le chemin de la femelle et de plusieurs jeunes. Il nous montre

    son dos argenté dominant « Silber back » et disparaît dans la

    végétation abondante. Les pisteurs le suivent et je fais de

    même. Cinquante mètres plus loin, il s’est installé sur son

    postérieur et déguste des feuillages. Encore 15 clichés, le

    ciel s’est assombri et la pluie fait son apparition. Pas de

    problème, c’est le cœur léger et en joie, chargé de 80

    photos de plus que je prends le chemin du retour.

    Gorille_le sage
     

    La suite des Carnets relatera le déplacement éclair à Goma :

    aller en hélicoptère, retour en bateau, avec visite sur place

    d’un hôpital et d’un camp de réfugiés (déplacés).

     

    Demain lundi 30 mars, départ pour un périple de 5 jours

    au Rwanda…….

     

    A suivre ....

    Bonne journée et bonne lecture !

  • Luc Toussaint, Carnet de voyage, suite 4

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    Luc_Classe

     

     

     

     

     

     

    CARNET DE VOYAGE AU PAYS DES GRANDS LACS 2009

     

    Comme toutes les frontières, le même scénario,

    d’abord dans le décor général il faut des taxis ou

    plus précisément des taxis collectifs ou minibus, les

    seuls transports de personnes qui existent là où il n’y

    a ni trains ni service de bus publics. Mais en plus il faut

    des policiers, quelques militaires et pourquoi pas des

    douaniers et tant qu’on y est d’autres voyageurs….


    Bien vu, c’est exactement ce que j’ai capté en arrivant,

    un 4X4 de la MONUC en plus (Mission ONU au Congo)!

     

    Entré dans le bureau,  un Européen qui termine les

    formalités me tend la main et se présente, « Je suis de

    la MONUC , je vais à Bujumbura, n’es-tu pas Luc l’ami

    de Luc ? »

     

    Et me voilà déjà repéré !

     

    Deux cents mètres plus loin, entrée en RDC, le même

    scénario sans personne de la MONUC…

     

    Dans le bureau du chef, un grand sourire m’accueille,

    je tends une main franche et directe, yeux dans les

    yeux, le chef m’invite à prendre un siège ! Accueil

    convivial, tampon et poignée de mains en 3 minutes.

    Et voilà, avis aux amateurs……

     

    La barrière se lève, entrée en RDC et la danse

    commence, impossible de rester assis sur le siège,

    la route est tellement défoncée que seuls les 4X4

    peuvent passer sans racler le sol avec le bas de

    caisse.

     

    Pas de bitume, aucune trace d’asphalte, elles ont

    disparu depuis des années ! Ca des nids de poules !

    Mais ce sont des nids d’éléphants ! Des bosses et des

    fosses de 30 à 40 cm, jamais vu cela, ni en Turquie, ni

    en Iran, ni en Afghanistan dans les années 70, jamais vu

    cela dans le Sahara ni en Casamance, au Zimbabwe

    ou au Botswana, nulle part !

     

    En route vers de nouvelles mais prudentes aventures !

    Vitesse de la voiture : 5 à 10 km/h, rarement 15 à

    l’heure, heureusement, 10 km nous séparent

    d’Uvira.


    Sur cette route provinciale d’entrée dans Uvira, des

    centaines de motos-taxis rivalisent d’adresse pour

    évoluer entre les piétons souvent chargés, portant des

    barres de fer ou des régimes de bananes, ou des

    jerrycans et autres récipients en plastic jaune remplis

    d’eau, des vélos eux aussi chargés de sacs de farine

    ou de ciment, de ballots de feuilles de manioc, de bois

    de chauffage etc….La plupart du temps, le cycliste

    marche à côté de son vélo-mulet !

     

    Et dans toute cette circulation, des enfants,

    des chèvres, des ‘mamas’ rentrant de la rivière avec

    la lessive, mais aussi quelques camions,

    camionnettes et jeeps militaires de la Garde

    Présidentielle. C’est vrai, je l’avais oublié celui-là,

    le Président Joseph Kabila  n’est pas loin, mais

    où ?


    Prendra-t-il la parole, s’adressera-t-il aux habitants

    d’Uvira, c’est la question que chacun se pose ?

     

    Après le repas pris en famille chez John, fufu et

    petits poissons fumés, la route s’ouvre à nous vers

    le nord, une des très rares routes asphaltées de

    RDC. Cette route plein nord de 70 Km nous mène

    vers Kamanyola et le poste frontière avec le

    Rwanda de Bugarama.

     

    Tout le long de cette voie, des centaines de

    mamas rentrent du champ portant leur outil et des

    réserves de bois de chauffage, ainsi que quelques

    fruits, choux ou manioc.


    Toutes ces femmes de tous âges marchent sur le bord

    de la route en file indienne, le dos courbé sous le

    poids de la charge (pour en savoir plus

     

    http://www.observatoiredelaparité.org

     


    Peu d’hommes participent aux travaux agricoles,

    moins de 5 % si mon observation est bonne, de

    plus, généralement l’homme a un vélo.

     

    Vie quotidienne_enfants en promenade

     

    Nous traversons des villages disposant d’un ou deux

    puits que l’on repère facilement en voyant la

    concentration de petites filles portant des jerrycans

    jaunes autour et alentours et bien sûr le long de

    la route.

     

    C’est sur cette route qui longe la grande plaine (très

    peu cultivée et exclusivement de façon artisanale

    sans aucun recours aux  bêtes de somme et encore

    moins à des engins mécanisés) que l’on peut

    s’approvisionner en lait, lait caillé, yaourt produits

    à partir des troupeaux qui paissent dans cette

    plaine et dans les collines la bordant.

    Après une heure et demie de route, frontière

    rwandaise, formalités habituelles.

     

    Dès la barrière passée, on est dans un autre

    monde ! Les routes sont parfaites, avec rigoles

    d’évacuation des eaux, marquages au sol,

    panneaux de signalisation routière.


    Si l’habitat est relativement construit avec les

    mêmes matériaux, l’environnement des

    maisons est soigné, nombreuses fleurs

    et « verdurisation » entretenue autour

    et alentour.

     

    De plus, la circulation est structurée et les animaux

    telles les chèvres sont attachées ou tenues en laisse

    par des enfants notamment.

     

    Un autre pays, mais surtout un autre monde !

    La traversée de 50 km se déroule sans encombre,

    photos des enfants et jeunes filles et garçons

    portant des jerrycans d’eau (à première vue, les

    garçons participent au transport de l’eau), photos

    diverses dont les très belles plantations de thé.

     

    Vers 18 heures, arrivée au poste frontière et entrée

    en RDC pour retrouver le pont franchi une route

    défoncée, la vitesse de déplacement chute

    de 60 à 10 km/heure.


    Le Lac Kivu est de moi, une splendeur, des

    lumières incroyables, quel beauté, quelle joie !

     

    Luc_Bateau et drapeaux

     

     

     Route suivie d’Uvira à Bukavu :

     

    Uvira, Bwegera, Kamanyola, frontière de Bugarama…

    transit dans le Rwanda puis arrivée à Bukavu par

    le poste de Ruzizi Premier.

     

    Pêche dans le lac Kivu :

     

    Pêche au filet Maya, petites mailles, en barque

    de bois de 5 m de long avec moteur hors-bord

    classique, pêche à la lampe à pétrole essentiellement

    à la tombée de la nuit ou pendant la nuit.


    Le filet est lancé pour 2 heures, pêche de 5 à 10 kg

    de très petits poissons de 8 à 12 cm (même taille

    que les anchois). Le kilo est vendu par le pêcheur

    1 400 fr congolais le kilo aux mamas, celles-ci les

    font sécher au soleil durant une heure ou deux selon

    la taille puis les transportent et revendent au

    marché 1600 à 1700 francs.


    A Bukavu, la coopérative regroupe 140 pêcheurs,

    54 coopératives pour le lac Kivu côté RDC.


    Pour devenir pêcheur et adhérer à la coopérative,

    il faut acheter un filet et suivre la formation

    organisée par la coopérative. Le pêcheur n’ayant

    pas de barque paie un dollar par semaine au

    propriétaire pour pouvoir jeter un filet chaque jour.

     

    Une autre coopérative regroupe les pêcheurs qui

    utilisent d’autres méthodes pour la pêche du tilapia.

    Ce poisson de plus grande taille a été introduit

    récemment dans le lac Kivu.


    Il faut savoir que le sous-sol du lac contient des

    poches de méthane, exploité à partir de deux

    plates-formes. Mais de ces poches s’échappe

    du gaz dans le lac, ce qui limite très fort la vie

    aquatique : pas de crocodiles ni d’hippopotames,

    ni de poissons de grandes tailles comme le capitaine

    et la perche du Nil que l’on trouve dans le

    Tanganyika voisin.

     

    Activités sur et dans le lac :

     

    Par ailleurs et cela posera problème si l’Autorité

    publique décide de développer le tourisme au bord

    du lac, très peu d’habitants ont appris à nager (pas

    de piscines, très d’accès aisés au lac car pas de

    plage à Bukavu et environs) ce qui engendre

    régulièrement des noyades lorsqu’une barque ou

    un bateau chavire. Les pêcheurs ne savent pas

    nager non plus (sauf très rares exceptions) !

     

     

    Transports à Bukavu :

     

    Pas de transports publics organisés, pas de

    routes bitumées à l’exception d’un tronçon de

    2,5 Km et de 500m en construction depuis

    7 mois !!!!


    Les transports collectifs sont exclusivement

    privés et se décomposent comme suit : 2700

    motos-taxis, 300 voitures-taxis et des minibus,

    principalement des Toyota transformés – les

    sièges sont remplacés par des bancs de bois

    afin d’augmenter le nombre de places - et

    accueillant 24 passagers assis, plus ceux

    qui s’agrippent aux portes !


    Pour le transport des marchandises, camions

    et camionnettes de toutes tailles et en tous genres,

    pas de charrette avec animal de bât. Mais il faut

    mettre en évidence les milliers de femmes qui

    portent tout sur la tête ou sur le dos : bois

    de chauffage, sacs de farine de 50 voire de

    100 kg (n’en croyant pas mon guide, j’ai

    vérifié !), des fruits, légumes, poissons, charbon de

    bois, des briques de construction etc…..

    Les hommes portent peu et utilisent de

    préférence le vélo.

     

     

    A Suivre, les parcs, les Gorilles...

    Bonne journée et bonne lecture !

     

    Luc et gorille

  • Luc Toussaint, Carnets de voyage, suite 3

    Pin it!

    i

    Luc_Classe

     

    CARNET DE VOYAGE AU PAYS DES GRANDS LACS 2009

     


    Située sur le lac Tanganyika, juste en face de

    Bujumbura, la ville d’Uvira, porte d’entrée de

    toutes les rébellions, en ce compris celle qui,

    vit arriver Laurent Désiré Kabila père et l'AFDL

     

    Ma porte d’entrée également. Serais-je encore

    rebelle, libérateur,ou simplement enragé, à

    chacun de voir ? En tout cas mes amis du Collectif

    Liège 2015 peuvent apporter un témoignage

    récent.

     

    A l’écoute de Radio Okapi, j’apprends que le

    Président, Joseph Kabila,  est en visite officielle

    au Sud Kivu et notamment à Uvira !

     

    Celui qui veut suivre et comprendre cette première

    journée de route se doit d’ouvrir – maintenant tout

    de suite – un atlas, s’il veut appréhender la situation

    et voir les deux grands lacs et les trois pays : Burundi,

    RDC et Rwanda.

     

    En résumé et pour situer, la RDC est un  pays immense.

    Pour saisir cette immensité il faut se rappeler que le

    Congo correspond aux territoires des pays d’Europe

    qui s’étendent du Portugal à la Pologne comprise !

     

    Et que la région des Grands Lacs est équivalente à la

    France et l’Espagne mais comprenant des régions et

    pays de petites superficies dont le Kivu ( Est de la RDC )

    , le Burundi et le Rwanda et de grands pays comme

    l’Ouganda et la Tanzanie notamment ! Le lac Tanganika

    est long de 750 Km !

     

    Je suppose que vous avez suivi et que l’atlas est ouvert

    sous vos yeux ébahis et curieux !

     

    Pour les autres yeux tout aussi curieux, Google Earth

    est également instructif !

     

    « En route vers de nouvelles aventures ! », comme disait

    Tintin à Milou……Et oui, il est impossible pour moi de

    voyager ici sans que ne resurgissent de mon enfance les

    images de « Tintin au Congo »….

     

    Mais bien sûr, j’ai aujourd’hui beaucoup d’autres lectures

    et références sur l’Afrique et le Congo et particulièrement

    le livre remarquable du journaliste polonais décédé

    récemment Ryszard Kapuscinski, « Ebène – Aventures

    africaines » en « Pocket » n°11351, à lire et relire

    absolument, en vente dans toute bonne librairie à Liège

    pour 6 €.

     

    Une route de bitume longe le lac Tanganyika à gauche,

    à droite s’étend une plaine de marécages et  végétations

     luxuriantes, à l’horizon des collines et montagnes vertes

     surplombées de nuages m’attirent.

     

    Ils sont des centaines sur la route, vélos chargés comme

    des mulets, motocyclettes à deux ou trois passagers et

    marcheurs portant toutes sortes de charges et d’outils,

    route étroite sans bas-côtés, sans tranchées d’évacuation

    des eaux de ruissellement, avec des nids de poules par-ci

    par-là, mais pas de problème pour la Toyota blanche 4X4

    chassis long dans laquelle je suis installé « comme un Prince »

    « Passe par le Burundi, tu seras comme un Prince » ils disaient

     

    C’est exact, sur le bord de la route que nous parcourons

    à vitesse réduite vu son étroitesse et les très nombreux

     usagers faibles, John au volant, des marchandes de fruits

     et légumes nous invitent : ananas, citrons, oranges, poires,

     avocats trois fois plus gros qu’au Delhaize !

     

    On traverse ensuite la rivière Ruzizi qui réunit le lac

    Kivu au Tanganyika et qui constitue la colonne vertébrale

    de la grande  plaine du même nom séparant Burundi

    du Congo et puis du Rwanda.

     

    Et nous voici déjà à la frontière, nous avons parcouru

    15 Km.

     

    La frontière !

     

    Asuivre ...

     

    Bonne journée et bonne lecture !


    Vie quotidienne_femme au fagot


    Vie quotidienne_le marché

     

  • Luc Toussaint : Carnets de voyage suite 2

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    DSCF1263_2

    CARNETS DE VOYAGE AU PAYS DES GRANDS LACS 2009

    Récit : Samedi 21 mars


    Il est 23 heures ici à Bukavu, au bord du lac Kivu –

    1460 m d’altitude, à l’Est du Congo (RDC République

     Démocratique du Congo).

     

    En une journée, jour du printemps, j’ai parcouru 150

    Km au travers de trois pays et relié deux grands lacs :

    le Tanganika et le Kivu !

     

    En une seule journée, ma tête s’est remplie de

    milliers d’images, de milliers de personnes, de

    milliers  d’émerveillements, de milliers de

    découvertes, de milliers de couleurs, de milliers

    de vélos et de motocyclettes, de milliers de

    verdures, de milliers de surprises…..

     

    Mais commençons par le début.

     

    Quel début ! Ya-t-il un début ? Un début de quoi ?

    Du monde, de la vie, de ma vision du monde ?

     

    Dans l’avion qui m’a transporté de Bruxelles à

    Bujumbura  (9 heures de vol pour une seule heure

    de décalage horaire),  j’étais assis à côté de

    mon ami Denis Mpunga, directeur du Théâtre

    « Le Varia » à Bruxelles et initiateur et metteur en

     scène d’une pièce de théâtre écrite et en construction

    au Burundi.

     

    Avec lui, nous n’avons pas refait le monde - nous

    l’avions déjà refait tant de fois ! -, nous avons

    parlé, tchatché, et encore tchatché de nous

    et de nos projets respectifs !

     

    Il m’a raconté son projet théâtral, dont la thématique

    se rapporte aux  violences faites aux femmes, projet

    qui réunit des témoignages puis structure une dramaturgie

    pour aboutir à un « manifestation théâtrale » qui se

    produira au Burundi, au Rwanda, puis au Kivu pour

    enfin venir « chez nous » en Belgique et en France en

    novembre prochain.

     

    Voilà, dès le départ, j’étais « dans le bain », dans la vie,

    dans la réalité quotidienne du monde et du Congo

    notamment et c’est ainsi que je me suis retrouvé,

    après la récupération des bagages à l’aéroport dans

    la voiture d’ Hannelore Delcour ( une Belge de

    Halle ), coordinatrice de la mission de « Care » dans

    les Pays des Grands Lacs sur la problématique des

    violences faites aux  femmes.

     

    Elle m’accueillait à l’aéroport en lieu et place

    d’Espérance Mawanzo, responsable de l’Observatoire

    de la Parité en RDC, retenue par une réunion de dernière

    minute à Bukavu.

     

    Humanitaire et crise financière :

     

    Que va-t-il se passer ? La crise financière et sa

    conséquence la  crise économique auront-elles

    des répercussions sur l’humanitaire ?

     

    Pour Hannelore de « Care », c’est évident, elle vient

    de réduire ses budgets de 30 % depuis l’automne.

    Les chiffres sont clairs, les bailleurs et donateurs

    de Care, principalement des USA ont donné  le

    signal : 30 à 40 % de donations en moins.

    L’humanitaire et notamment l’Afrique paient et

    paieront durement et pour longtemps les errements

    et dérives de quelques-uns. 

     

    Ce matin, dans tout le Burundi et bien sûr à

    Bujumbura, c’est le jour des travaux communautaires.

    Toute circulation automobile est interdite sauf

    autorisation spéciale, tous les citoyens « sont invités »

     à des travaux d’intérêt général : élagages, coupes

    des végétations qui envahissent l’espace public,

    nettoyage des routes et artères……….Impossible

    de circuler avant 10 h 30.

     


    C’est à 11 h que je prends la route, avec John Kazar

    venu me chercher. Merci John.

     

    En route vers Uvira, deuxième port de RDC après Matadi.

     

    A suivre ...

    Vie quotidienne_au port

     

    Vie quotidienne_bord du Lac

  • Luc Toussaint, carnets de voyages N° 1...

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    DSCF1263_2

     

    Présentation...

    çà faisait longtemps que ce RDC Carnet de Notes

    voulait s'ouvrir à d'autres écrits, d'autres carnets.

    Après plusieurs tentatives de partages en directe

    avec d'autres amis. Voilà que c'est chose faites.

    Et quel honneur de commencer avec un ami tel

    que Luc Toussaint.


    Luc Toussaint, photos coin supérieur gauche, à eu

    la gentillesse de confier ses carnets de notes à cet

    espace. Il seront reproduits ici dans la plus stricte

    fidélité de l'auteur, et par suites successives, tenant

    compte de la longueur des "notes africaines de Luc".


    Luc Toussaint, nous nous sommes connus en 1976-

    1977, à Liège, notre ville. Il était journaliste à la

    R.T.B.F. et donnait des cours de formation à la F.A.R.

    Fondation André Renard.


    C'est l'année de la Dentellière, film de Claude Goretta,

    avec Isabelle Huppert, dans un des ses premiers grands

    rôles au cinéma.


    Luc est depuis quelques jours dans le Kivu, à l'Est de la

    R.D. Congo. Il est arrivé par Bujumbura à Bukavu. Il

    s'est rendu à Goma, dans les montagnes de la Virunga,

    à Kigali, Uvira....


    Mais laissons la parole, ou plutôt la plume à Luc et à

    ses récits d'homme cultivé, curieux des autres, sportif,

    et toujours émerveillés par la diversité culturelle, l'une

    des richesses des peuples.

     

    Première partie : dès ce vendredi 3 avril 2009


    Bonne fin de journée et bonne lecture.