mobitu

  • Il y a longtemps. Que dis-je ? Un bail.

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    Le week-end dernier c’était la fête de l’indépendance, 47ème du nom
    et d’âge pardi. 47 années d'indépendance congolaise et de nombreuses questions
    qui restent en suspend ou qui reviennent plus qu'à l'habitude.
    Des raisons à cela?

    Plusieurs certainement, les élections démocratiques, les trois "P"
    Participation Publique Privé, soit la mise sous gestions des
    entreprises publiques par le privé par le biais d'appels d'offres
    contrôlés par la Banque Mondiale, le malaise social persistant,
    les lenteurs du Gouvernements à mettre en oeuvre les 5 chantiers
    du Président, la prise en main du Sénat par les anciens avec
    les voix du Camp Kabila, entre autres, pourraient êtres épinglées.

    Envie de livrer ici quelques morceaux choisis d'une interview
    du Président Kabila par l'hebdomadaire international "Jeune
    Afrique" en son n° 2424 et d'un article de Bob Tumba, déjà
    cité ici, pour ses publications et réflexions, d'un homme
    engagé pour un Congo élitiste, un Congo qui va de l'avant.

    Morceaux choisis : interview du Président:

    A propos de la Présidence de Mr. Kengo Wa Dondo au Sénat,"Notre
    combat était dirigé contre un régime et un système, le mobutisme.
    Aujourd'hui, le mobutisme a disparu. Tout ceux qui ont travaillé
    avec Mobutu sont désormais des citoyens comme les autres, avec
    les mêmes droits, dont celui de faire partie de l'élite politique
    de ce pays..." ou encore, "Quand on est parvenu à travailler
    difficilement, j'en conviens avec quatre vice-présidents, dont
    deux anciens rebelles, et à organiser les premières élections
    générales libres dans l'histoire du Congo, je crois que l'on
    travailler avec tout le monde. Moi en tout cas je travaille
    avec tout le monde sauf avec le diable. Et Kengo n'est pas le
    pas le diable."....

    Et bob Tumba de son côté de s'interroger sur le contenu de
    la fête de l'indépendance.

    Le 30 juin de chaque année est une journée chômée et payée
    en République démocratique du Congo, en souvenir de l’indépendance
    politique du pays intervenue à cette date dans l’année civile1960.

    Mais la fête est-elle au rendez-vous dans les cœurs et dans
    les rues ? L’évènement commémoré est-t-il perçu par le Congolais
    ordinaire comme un exploit héroïque ou plutôt comme un regrettable
    accident sur le chemin du destin? La question vaut bien la chandelle,
    au regard du bilan des cinq décennies de gestion autonome congolaise!

    L’hypothèse d’un accident malheureux est à écarter de toute
    évidence, car on ne peut pas regretter l’arrivée à terme d’une
    tutelle étrangère imposée sur le pays, peu importe la suite des
    évènements. C’est le prix non négociable que l’on attache à la
    valeur intrinsèque de l’être humain, partant à son identité et
    à son indépendance inaliénable. Et c’est par égard à ce même prix
    que, une fois l’indépendance officielle proclamée, des générations
    d’hommes continueront le combat afin que cette indépendance soit
    vécue dans les cœurs comme un état de grâce et de dignité méritées,
    ensuite traduite dans les faits, notamment dans l’enveloppe de paie
    de chaque travailleur, comme un pouvoir d’achat valorisant, ou encore
    sur la table familiale pour chaque parent soucieux du bonheur de sa
    progéniture, comme un geste d’amour.

    Mais, cela étant dit, l’on ne peut feindre de rester sourd
    face à quelques avis contraires qui fusent dans certains
    milieux hyper-défavorisés et en proie à une sévère précarité
    matérielle. Ventre affamé …

    Du côté des entreprises et du commerce ce n'est pas vraiment
    le beaux fixe. Les magasins de détails sont obligés de fermer
    à 16 heures du lundi au vendredi et à 13,30 le samedi.

    Ce n'est même pas une directive ni une loi en soit mais un
    communiqué du Ministère du Travail qui est compris et forcé
    d'application par des petits malins toujours à l'affut de la
    première brêche pouvant augmenter leur argent de poche et
    arrondir les fins de mois par le racket et des menaces.

    La population jeune a pu, elle, de son côté fêté le 30 juin
    avec Sean Paul, sur le Parking du Grand Hôtel de Kinshasa.

    La danse et le rythme étaient au rendez-vous.

    Dans les gandas c'est l'ineffaçable "Indépendance cha-cha
    qui avait encore la côte.


    Quelle musique, 47 ans après, c'est toujours aussi swingant
    et beaux à entendre sous la chaleur des Tropiques.

    pecheurs_wagenya

    Indépendance cha cha

    Pochette du disque de Jeff Kabasele : Indépendance cha cha