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  • Sans Chichis : Johnny et Joelle

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    Johnny, Joëlle Scoriels, 69 minutes, C'était en "Prime" sur La Deux R.T.B.F. Joëlle Scoriels à reçu Johnny Hallyday    pour sa rentrée 2015. Décor : Monaco. La quatrième saison de « 69 Minutes Sans Chichis » démarre sur les chapeaux de roues. 

    Joëlle Scoriels égale à elle même.

    Sans Chichis, sans complexe. Excellente. ! 

     

    Johnny ;

    Personnellement, j'aurais aimé que Johnny enlève ses lunettes. 

    Mais bon. Avec ou sans lunettes, j'ai passé un bon moment. 

    Vous aussi, j' espère ? 

     

    Peut on parler de "Confidences" ?

    Sur ce point. Un peux. Pas trop. On savait déjà pas mal. Au 

    sujet du "Tôlier" comme l'appellent les autres artistes français.

     

    Johnny en Belgique : YES !  Le Grand Jacques "Rocker" !

    Ce qu'en disait Joelle Scories avant la télédiffusion ... 

     " Johnny Hallyday a pris le temps de parler de cette tournée,

     mais aussi des liens qu’il a avec la Belgique. son admiration

    pour Jacques Brel." 

     

    Une critique

    La partie la plus faible à mon sens , fut le témoignage des amis

    du King Français du Rock'n Roll. Sauf, celui de France Brel.

     

    "Les Yeux d'Elsa avaient vu Juste". 

    Alors, je vous donne en copie un témoignage écrit en 1964, dans  

    " Les Lettres Françaises" excusez du peu, par Elsa Triolet, qui n'

    autre que la femme et égérie de Louis Aragon. 

     

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     Voici le texte HISTORIQUE 

    "Je voudrais déjà être à demain pour savoir ce qui va sortir de ce magnifique phénomène...

    "Elsa Triolet"

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     



    ELSA TRIOLET fut la première écrivain à défendre "Johnny". Elle s’en expliquait dans un texte écrit pour les "Lettres françaises" (le 13 février 1964), à l’issue d’un concert de la star naissante à l’Olympia :

    "Il ne laissait pas le temps à la salle d’applaudir, il excitait ses musiciens comme un cocher ses chevaux : "Plus fort ! Plus fort !..." C’est le galop à mort, le délire de la vitesse, de la musique, de la danse... Il semblait connaître chaque spectateur dans la salle, s’amuser avec elle, follement et, soudain, confier son désespoir à tout ce monde, comme mortellement blessé, souffrant à la mesure de sa taille, de sa force et non pas à celle des mauviettes qu’il avait devant lui : "Pas cette chanson..." ou "Serre la main d’un fou..." du récital précédent, cette main que personne ne veut serrer. Un tigre souffre, lui aussi, et un adolescent donc !

    "Un métier à se demander s’il y a pour lui une coupure entre la vie quotidienne et la scène, tant il est chez lui dans la lumière des projecteurs, le public, comme des convives qu’il veut combler, l’exhibition comme un amusement délirant. Pour l’acquérir, ce métier, il faut qu’il ne l’abandonne jamais, qu’il s’exerce sans arrêt, que ce qu’il fait en scène, il le continue dans la rue et en mangeant, et en dormant... Une image que cela, car à ce rythme, et aussi jeune animal joueur que l’on soit, il y aurait de quoi mourir cent fois d’une rupture du coeur !

    "Il fait un de ces potins, un tintamarre, un fracas énorme ! On se trouve à l’Olympia comme à l’intérieur d’une cloche qu’on est en train de sonner... Insoutenable, insupportable, on en a le tympan enfoncé, la tête vous en éclate. Pourquoi je m’extasie, dans ces conditions ? Mais parce que c’est une question de réglage des moyens de Johnny autant que de la sonorisation excessive de la salle Ä il faut bien dire que les autres, avant lui, semblaient hurler, eux aussi ! Ä et qu’il suffirait après tout de baisser le son pour que cela soit gagné.

    "A cause de ce fortissimo ininterrompu, vous êtes assourdis au point que le meilleur se perd, et pas seulement de Johnny : il a avec lui un batteur sensationnel dont il est difficile d’apprécier les prouesses folles, les crescendo et l’accélération étant rendus inaudibles dans ce perpétuel bruit de Niagara qui s’abat sur vous dès le premier moment de l’apparition de Johnny. Fureur ! fureur de vivre, ô James Dean...

    "Le malheur d’être trop bien servi par les dieux... De quoi lui en veut-on à ce splendide garçon, la santé, la gaieté, la jeunesse mêmes ? De sa splendeur ? De la qualité de ses dons et de son métier acquis, de sa sottise de jeune poulain ? Des foules qui le suivent irrésistiblement ? C’est la même haine que pour Brigitte Bardot. Et lorsqu’on leur tombe dessus, je reconnais en moi cette colère qui me prenait au temps où l’on essayait d’abattre Maïakovski, et d’autres fois, d’autres poètes... comme le soir où l’on a sifflé "Hernani" au Français, en 1952, pour le cent cinquantenaire de Victor Hugo. Cette volonté de détruire ce qui est trop bien, trop beau, trop gigantesque... La réputation que l’on fait à ceux que l’on veut détruire, Dieu sait pourquoi !
    "Je suis tombée l’autre jour au beau milieu d’une émission du Mouvement des jeunesses agricoles catholiques. Le moniteur, ou cela peut-il bien s’appeler ?, s’expliquait... "Et si, demande l’interviewer, un voyou voulait adhérer au mouvement ?" (Je cite, bien sûr, de mémoire.) "Eh bien, dit le moniteur, c’est surtout sur ceux-là que nous espérons agir." "Et si un gars aime Johnny Hallyday ?" Je dois dire à l’honneur du moniteur qu’il ne comprit même pas que, pour l’interviewer, cela semblait être aussi grave que la voyoucratie et qu’il répondit simplement que là où le mouvement avait un local les jeunes catholiques agricoles formaient des orchestres pour twister...

    "Dans quel piège pourrait-il tomber. Ce Johnny, cette "bête de music-hall" comme on a coutume de s’exprimer, sur son chemin ascendant ? Que, devenu homme mûr, il s’alourdisse, se vulgarise ? Qu’il continue sans changer, se mettre à piétiner ? Qu’à la caserne on le fasse trop baver, or baver est une gymnastique malsaine ; qu’on y veuille lui faire les pieds, le briser ? Qu’il se détruise lui-même comme James Dean, adorant la fureur plus que son métier ?

    "Je voudrais déjà être à demain pour savoir ce qui va sortir de ce magnifique phénomène... Saura-t-il se prendre par la main lui-même ? Ne lui faudrait-il pas un guide sagace, quelqu’un comme Maurice Chevalier peut-être, ou comme l’a été pour tant d’artistes Jean Cocteau ? Pour donner toute sa mesure, à l’échelle de son talent, de son physique, de son emprise actuelle sur les salles. S’il continuait sans encombres, cela ferait un autre Chevalier, un autre celui-ci ou celui-là et, surtout, un autre lui-même. Il lui est tant donné, il a déjà tant fait dans le domaine du music-hall qu’on n’imagine guère pour lui autre chose qu’un développement extraordinaire de ses facultés de chanteur, danseur et, étrangement, de tragédien.

    "Le soir de la première, l’Olympia était bourrée à ras bord, bien entendu. Je me demandais tout d’abord pourquoi tous les hommes étaient si petits, on aurait dit une race humaine particulière : c’est que ces hommes n’avaient pas fini de grandir, des gosses ! D’ailleurs, ils se ressemblaient étonnamment, comme se ressemblent pour nous des Chinois. La salle était agitée, le rideau tardait à s’ouvrir d’en haut, de tout en haut venaient des sifflets stridents, des cris, un tapage qui montait, pieds, mains... Mais à peine sur la scène apparut l’orchestre avec la silhouette familière de son chef, Daniel Janin, se trémoussant dans son costume gris, que le bruit s’arrêta net, comme s’arrête de brailler un nourrisson à qui on a fourré dans la bouche son biberon... Enfin !

    "Ensuite, ils ont été sages, et même, me semble-t-il, dépassés par le bruit de Johnny qui ne leur laissait pas le temps de s’exprimer... Il se peut qu’un soir de première, Johnny soit lui-même dépassé par sa propre furie.

    "Je suis, comme vous le voyez, des "fans" de Johnny Hallyday. Vous trouvez cela grotesque ? Vous avez tort, je suis à l’âge où, si on n’est pas un monstre, on aime ce qui est en devenir. Je ne peux pas attendre l’an 2000 quand on invitera un Johnny de cinquante-six ans, si mon compte est bon, à la Maison-Blanche..."

    ELSA TRIOLET.

     

     

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