shegge

  • La Musique Pour Mémoire : Manuscrit complet

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    Alors que le soleil se couche sur le Fleuve au dessus du  Pool. Qu’il n’est ni tard, ni tôt. Alors que les paons chantent leur symphonie avant et en s’envolant  dans les arbres qui les abritent, mais aussi,  l’art des artistes, sculpteurs, peintres, potiers, céramistes qui viennent ici, dans ce havre de Paix au milieu de la ville, se ressourcer, méditer, élever leur esprit à l’œuvre qu’ils veulent modeler, peindre, tailler.

     

    Alors que les restaurants de la ville se remplissent de vie. Les fourneaux pré chauffés à blanc, les plats préparés pour la cuisson attendent le coup de feu.

     

    Dans quelques minutes, le ballet des gens de salles commencera. Les vas et viens entre les tables et les cuisines  reprendra comme à l’habitude. Ici, ou ailleurs, dans cette ville, ou dans une autre, il en est de même. Au centre de l’Afrique, au bords des rives du fleuve Congo. En bord de Meuse ou à l’embouchure de l’Escaut. Entre les gratte-ciels de San – Francisco, ou à la sortie d’une usine ou du Conservatoire  de Saint – Petersburg, dans un quartier populaire de Paris ou dans une des rues de l’île Saint-Louis. Partout, même sur un sampan flottant sur  les eaux du Yang Sée Qiang. A la lumière couchante, les tables se font l’endroit de rencontre. L’endroit du repos et des rites. Rituel humain. Rites sociaux.

     

     

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    Si vous aimez, n'aimez pas,

    ce que vous pensez,

    sans pudeur, sans retenue, ... 

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  • Shegge Dance...

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    Introduction.

    He toi, prend ton sample, ta platine, ton jembe ou ton tambour

    Griot, rappeur, chanteur, comédien, narateur du haut de tes planches

    Mets des notes sur le texte, clame le autour de toi. Troubadour.

    Rythme les mots et le crayon de Barly et que ton phrasé déhanche

     

    Shegge Dance de Barly Baruti

    Toute reproduction doit mentionner ce qui suit : ©Barly Baruti : Dessin 

    Night Club “on thirty june” Kinshasa Place. Hep pilote, Hep Boss, nous on danse, Shégué Dance.  

    Debout congolais, ici on est sur le symbole de notre indépendance. Avant, on pouvait s’y abriter sous les manguiers, y manger les fruits juteux. Maintenant des avions pourraient même y atterir, et ce qui est juteux ici, c’est de faire la manche. “Boulevard du 30 juin” sous un soleil ardent. Nous on danse, Shégué Dance.

    Hep Mundele, Papa Nangayi, donne moi l’argent, je t’offre un voyage pour la prochaine danse à la mode des Wemba, Werra et Koffi. Pesa mbongo ! Dans ta boîte de nuit, demain, tu danseras comme nous, Black & White, vous danserez, Shégué Dance.

    En bas des tours, alors que les lumières s’allument dans les salons, alors que les TV du Monde entier parlent d’un monde de plus en plus  fêlé. Alors que les filles sortent dans les Ngandas guettants la pomme à croquer. L’une à son choc, l’autre à son chic, mais c’est le chèque qu’il faut. “Chic-choc-chèque”, Nous on danse, Shégué Dance.

    Dans les rues, les feux s’allument.

    Des feux de planches de palettes depecées, de cartons Samsung ou LG, de détritus du Grand Zandoo, le Grand marché si tu préfères. Groupés autour des cartons de la société de consommation, on se réchauffe les corps et les coeurs comme on peut. C’est que la nuit, sous les Tropiques, la misère n’est pas moins froide.

    Il faut demain se réveiller.

    Nous on danse, Shégué Dance.

    Autour des braseros de fortunes, autour du képi volé au roulage perdu dans sa circulation et ses billets piqués au nom de sa loi. Autour du képi de notre indépendance, Nous on danse.

    Comme au jour où Nous avions piqué “l’épée de l’Indépendance” au Roi Bwana Kitoko en plein défilé.

    A demain, à la vie, à la mort. Shégué Dance.

    Il est  23 heures.

    Les nights clubs se remplissent, les verres se vident tandis que les belles se pavannent. A cette heure, plus rien sous les pagnes des filles, tu y croques la vie et tu peux y chopper la mort.

    Le véhicule blanc “UN” devient “NU” la nuit. Ici, la nuit tous les Casques sont Bleus. Les jeeps “UN” sont cachées. Ils sortent les “IT”, plaques d’Immatriculations en Transit”. “IT”, les “Intouchables” comme on dit ici. Et nous, “Ambassadeurs des Princesses de la nuit” auprès de ces riches “Papas bonheurs”, on danse. On danse avec eux ! 

    Shé-Shé-Shégué Dance.

    ©Dany Masson : Texte

     

    Dany Masson & Barly Barutti

     

     

    Belle et bonne journée, bonnes lectures aussi !

  • La loi de la Rue : Francis Articlaut assassiné...

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    Après avoir écrit ici même "Attitudes désagréables", le 23

    février 2010. Il s'agit de reprendre ici le fil et de dire "non"

    à la "loi de la rue" qui tend à se propager anormalement 

    dans la ville de Kinshasa. Se généraliser même.

     

    Expatriés ou non, la n'est pas la question, plus personne

    ne se sent à l'aise devant la montée en puissance de la

    main mise par les Shegges sur la Rue dans la Capitale.

    Ce sont les Enfants des Rues d'hier qui font de plus en

    plus la loi dans les artères de Kin - la -Belle et y font

    quelquefois couler le sang.  


    L'assassinat de M. Francis Articlaut, Résident à Kin

    depuis plus de 20 ans, très proche des milieux des

    arts. De nationalité française, cet homme, ce médecin

    dentiste bien connu, avait fait du Congo sa seconde

    patrie et des congolais(e)s sa seconde famille. 

     


    Les "Shegges", terme en lingala pour définir "les enfants

    des rues", prennent la rue de plus en plus en otage. Ils 

    ont pour la plus part entre 14 et 18 ans, (il y en a de plus

    jeunes les plus récents), et se font une spécialité de vols,

    viols, intimidations en tout genres.

     

    A n'y prendre garde, Kinshasa, jusqu'ici épargnée par

    les phénomènes de bandes de jeunes délinquants sans

    foi ni loi,  ne l'est plus aujourd'hui.

     

    Des signaux d'alarmes ont été lancés à différentes

    reprises par la population, des parents d'élèves, des

    analystes en criminalité urbaine, des autorités. 

     

    Une meilleure prise en charge de la sécurité des

    biens et des personnes s'impose. Prendre le mal

    à la racine plutôt que laisser se développer un mal

    qui pourrait coûter très cher à la société.

     

    Avoir un réservoir de bandes agressives, de gamins

    qui ne sont plus des "Enfants de la Rue" mais qui la

    prenne en otage, est contre productif pour le climat de

    relance et le développement du pays tellement désiré

    par tous et toutes. 

     

    Ils sont sans projets, et rejettent tout les projets qui

    ne correspondent pas à leurs codes.  

     

    Les menaces, l'insécurité sont une menace pour la

    relance du pays. 

     

    Les Shegges sont considérés par la population de la

    ville de Kinshasa comme les "nouveaux intouchables". 

    En appeler à l'aide des policiers pour vous soustraire

    de leurs mains est devenu de plus en plus difficile. Voir

    Impossible.

     

    Pourquoi cette passivité des forces de l' ordre ? 

     

    Aux carrefours des rues, où les proies sont faciles à

    piéger et la rapine aisée, à ces carrefours entre autres,

    les policiers assistent aux scènes, d'insultes, d'actes

    qui sont illicites sans agir.

     

    Qui ne dit mot consent ! 

     

    Peur de la force que représentent ces jeunes ? Besoin

    des services de ceux-ci ? (Ils savent en général tout ce

    qui se passe ou se dit dans la capitale). Alliance donc,

    indicateurs... ?  

     

    Intouchables. Malheur à ceux qui voudraient déposer 

    une plainte contre l'auteur ou les auteurs d'actes qui

    sont commis par les nouveaux rois de le rue. Les ou

    la pression est mise sur la victime.

     

    Si lors de l'arrestation d'un de ces délinquants, des

    coups lui ont été assenés  (souvent le cas, en cas de

    prise d'un voleur par exemple un attroupement rapide

    se forme et des coups ses perdent), dans ce cas, les

    plaignant(e)s peuvent se voir confier la prise en charge

    des soins de leur agresseur et s'y tenir, sinon, sanctions.

    Le monde à l'envers.

     

    D'autres phénomènes, les "Kuluna" mot Kinois pour

    désigner des bandes qui agissent dans les cités de la

    capitale et qui s'adonnent à tout genres de délits. Le 

    mot "Kuluna" signifierait, "groupe(s) de gangster(s) ou

    de délinquant(e)(s) qui opèrent dans les quartiers de 

    la ville, capitale du Congo. Ils agissent dans les cités,

    ils rançonnent, ils volent, trafiquent, braquent des gens

    qui triment et travaillent, pour souvent un maigre revenu

    qui devrait  pourvoir à la famille. Même çà, ces jeunes

    ne le respectent pas.  

     

    Les causes de cette délinquance sont connues et sont

    les mêmes dans le monde entier.

     

    Les fondements de ces phénomènes sont connus et 

    ont fait l'objet de nombreuses études des spécialistes.

    Oisiveté, chômage, manque d'argent, parents pauvres,

    exclusion de la société ... Ils relèvent comme partout

    dans le monde d'un mal être et de la marginalisation

    de plus en plus exacerbée. Phénomène social dû aux

    effets d'une économie qui ne tourne pas.

     

    Est-ce à dire, que pour ces raisons c'est le laisser faire

    - laisser aller qui doit prévaloir ? A ce rythme, les crimes

    commis, le seront à cause de, et non par quelqu'un.

     

    Ramener aussi ces bandes, à la misère, serait un

    peux réducteur. On sait que des bandes de gamins

    d'origines sociales qui n'ont rien à voir avec ce qui

    est décrit ci-dessus, se font justice eux mêmes et en

    bande organisées. Il s'agit souvent de "missions" qui

    consistes à régler des contentieux entre jeunes.

     

    Alcool, drogue, vols, viols, agressivité verbale.

     

    Francis Articlaut comme d'autres, vient de laisser sa

     vie, dans la rue, face à une indifférence totale.

     

    Quelques lignes dans la presse écrite, "Le Phare",

    aucune ligne visible dans la rubrique Actualité de

    Kinshasa sur le Net.

     

    Nos pensées vont à sa famille, ses proches, ses

    amis. Elles vont aussi vers ceux et celles, les autres

    anonymes, victimes chaque jour de faits similaires.

     

    Il n'est point de sociétés modèles, mais des modèles 

    existent dont on peut tirer parti, et au plus profond de 

    la culture nationale. 

     

    Bonne journée et Bonne lecture ! 


  • Des pneus brulent sur le Bd du 30 Juin

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    Vers 9,30 heures, les émeutiers se sont déplacés vers le Boulevard du 30 Juin à hauteur
    de l'alimentation Express, et en face de la BCDC. Ils sont descendus vers l'Ambassade de
    Belgique.

    Les gens fuyaient dans les rues perpendiculaires au Boulevard. J'ai placé ma voiture en sécurité
    dans le parking de l'Hôtel Memling.

    Pas de photos pour le moment.

    Du côté de Matete, commune de l'Est de Kinshasa entre Limete et l'aéroport, les gens
    nous disent qu'ils sont au courant qu'il se passe quelque chose en ville et que
    la panique gagne une partie de la population. L'information est mal répartie. Des amplificateurs d'événements
    agissent. Ce ne sont encore et toujours que des Shegges au nombre de plus ou moins
    150 qui sont responsables de ces troubles. Il n'y a donc pas périle en
    la demeurre.